Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique, se rend en Lozère ce vendredi 19 juin 2026 pour inaugurer le nouveau centre de surtri automatisé de l'entreprise Environnement Massif Central, à Mende. Ce déplacement illustre, selon lui, les enjeux de réindustrialisation liés à l'économie circulaire et le rôle de l'innovation, notamment la robotique, dans la transition écologique.
Un investissement de 30 millions d'euros
Le projet, d'un montant de 30 millions d'euros, bénéficie d'un soutien de l'État de 7 millions d'euros via le plan France 2030. L'objectif est de surtrier 15 000 tonnes de plastiques par an grâce à dix machines de tri optique de dernière génération. Le ministre a salué cet investissement privé appuyé par des financements publics, soulignant la nécessité de passer à l'échelle dans le domaine du recyclage.
Les enjeux de l'économie circulaire
« C'est meilleur pour la planète, mais c'est aussi meilleur pour le pouvoir d'achat des Français », a déclaré Mathieu Lefèvre. Il a insisté sur l'importance de développer les capacités industrielles de recyclage sur le territoire national pour renforcer la souveraineté économique et réduire les dépendances aux importations. Le gouvernement soutient ainsi des projets dans les filières du textile, du plastique et des déchets du bâtiment.
Création d'emplois en Lozère
Le centre de surtri devrait créer une vingtaine d'emplois, malgré la robotisation. À l'échelle nationale, le ministre estime que plusieurs dizaines de milliers d'emplois pourraient être créés grâce à une industrie circulaire du recyclage.
Le défi du recyclage du plastique en France
La France, gros consommateur de plastique notamment pour les emballages, recycle et collecte moins bien que ses voisins européens, avec un taux de 26 % contre un objectif européen de 50 %. Cette situation entraîne une amende d'un milliard et demi d'euros par an payée par le contribuable français. Le plan plastique lancé il y a un mois par le président de la République et le Premier ministre vise à réduire ce coût en améliorant la collecte, le tri et en réduisant les dépendances.
De la sobriété au recyclage
« Le meilleur des plastiques, c'est d'abord celui qu'on n'utilise pas », a rappelé le ministre. Le plan plastique priorise la sobriété, notamment via la réduction des plastiques à usage unique, l'écoconception des contenants, puis le réemploi et le recyclage. Malgré la hausse du prix du plastique vierge importé, le différentiel avec le plastique recyclé reste trop important, d'où la nécessité de passer à l'échelle et de mettre en place des primes à la réincorporation des résines.
La transition écologique dans les territoires
Interrogé sur la mise en œuvre de la transition écologique dans la vie quotidienne en Lozère, notamment pour les déplacements et le chauffage, Mathieu Lefèvre a insisté sur une approche différenciée : « L'écologie qui fait la leçon depuis Paris, ça ne fonctionne pas. » Il a souligné la nécessité de tenir compte du point de départ de chaque territoire et de mettre les outils de transition avant la règle. Le plan d'électrification des usages prévoit ainsi 100 000 véhicules électriques en leasing social pour les territoires ruraux, ainsi que des crédits pour encourager le déploiement de pompes à chaleur dans les nouvelles constructions. « Il n'y a pas de transition qui fonctionne si elle est verticale, brutale, et si elle s'impose aux Français sans leur consentement », a-t-il conclu.



