Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a annoncé dimanche 9 août 2026 le rejet par Israël du plan de paix américain en 15 points pour Gaza, pourtant accepté par le Hamas. Il conditionne tout retrait militaire au désarmement « véritable » du mouvement islamiste et exclut la création d’un État palestinien.
Un rejet explicite lors du Conseil des ministres
« Israël rejette le document en 15 points » présenté fin juillet par le « Conseil de Paix » de Donald Trump, a déclaré Benjamin Nétanyahou lors d’une réunion du cabinet. Il a précisé que son armée « n’effectuera aucun retrait (du territoire palestinien) tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé ». À l’ouverture de ce Conseil, il avait martelé : « Tant que je serai Premier ministre, aucun État palestinien ne verra le jour – ni à Gaza, ni en Judée-Samarie », le nom biblique de la Cisjordanie.
Une rupture avec les États-Unis après une visite à Washington
Cette nouvelle scission entre les États-Unis et l’État hébreu intervient alors que le Premier ministre israélien revient d’une visite de trois jours à Washington. Depuis la capitale, il avait fait part lundi de ses « inquiétudes » concernant le plan annoncé triomphalement par le président américain Donald Trump. En réponse, le haut représentant du « Conseil de Paix » pour Gaza, Nikolaï Mladenov, lui avait assuré qu’Israël ne se retirerait qu’après un désarmement « complet » du Hamas. Mais cela n’a pas suffi à rallier la partie israélienne.
Benjamin Nétanyahou a fait état de discussions avec les États-Unis sur les objections israéliennes. « Ils ont des idées ; certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité pour le Hamas de renoncer à toutes ses armes : « nous parlons d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement fictif ».
Le Hamas appelle à la pression américaine
Dans la foulée, le Hamas a appelé les Américains à faire pression sur le Premier ministre israélien et son gouvernement, « afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale », a indiqué un de ses responsables à l’AFP. Le mouvement islamiste palestinien avait accepté ce plan, qui, dans sa version publiée par le « Conseil de paix », lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Il s’était redit samedi prêt à le mettre en œuvre, appelant déjà à des pressions américaines en ce sens.
Un plan complexe et des blocages persistants
Le texte stipule aussi que le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal sera assuré par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire dans une phase transitoire, actuellement bloqué en Égypte par le refus israélien de le laisser entrer. Le mouvement islamiste palestinien défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu’une reddition unilatérale de son arsenal.
Ce rejet intervient alors que Nétanyahou est confronté à une forte contestation de ses alliés d’extrême droite, à quelques mois de délicates législatives. Le plan américain, présenté comme la deuxième étape du processus de paix, semble désormais compromis, tandis que la situation humanitaire à Gaza reste critique.



