La grève des bus touristiques qui sévit à Santorin depuis plusieurs jours a des conséquences directes sur le tourisme local. En pleine saison estivale, des compagnies de croisière ont annoncé l'annulation de leurs escales sur l'île, confrontées à l'impossibilité de transporter leurs passagers vers les sites emblématiques. Selon la mairie de Santorin, cette décision pourrait entraîner une perte de plusieurs millions d'euros pour l'économie locale, déjà fragilisée par la pandémie de Covid-19.
Un mouvement social qui paralyse l'île
Les conducteurs de bus touristiques, employés par des entreprises privées, réclament une augmentation de leurs salaires et de meilleures conditions de travail. Leur grève, entamée le 20 juin, bloque l'accès aux principaux sites touristiques, comme les villages d'Oia et de Fira, ou encore la caldeira volcanique. Les touristes, nombreux en cette période, se retrouvent contraints de marcher sous une chaleur accablante ou de renoncer à leurs visites.
Le maire de Santorin, Antonis Sigalas, a déclaré : "Cette grève est un désastre pour notre île. Nous appelons les deux parties à trouver un accord rapidement pour sauver la saison touristique." Les négociations entre les syndicats et les employeurs sont au point mort, chaque camp campant sur ses positions.
Les croisiéristes réagissent
Face à cette situation, plusieurs compagnies de croisière, dont MSC Croisières et Costa Croisières, ont préféré annuler leurs escales à Santorin pour les prochains jours. "Nous ne pouvons pas garantir à nos clients une expérience de qualité sans transports fiables", a expliqué un porte-parole de MSC Croisières. Ces annulations concernent plusieurs milliers de passagers par jour, une manne financière importante pour les commerces et restaurants locaux.
Selon les données de l'office du tourisme de Santorin, les croisiéristes représentent environ 30 % des visiteurs de l'île en haute saison. Leur absence pourrait faire chuter la fréquentation de 40 % sur la période, avec des répercussions sur l'emploi saisonnier.
Une économie locale menacée
L'économie de Santorin repose à 90 % sur le tourisme. La grève des bus intervient alors que l'île espérait une saison record après deux années difficiles. Les hôteliers et restaurateurs tirent la sonnette d'alarme. "Nous avons investi pour accueillir les touristes, et maintenant nous risquons de perdre tout notre chiffre d'affaires", témoigne Maria Papadopoulos, propriétaire d'un hôtel à Fira.
Le gouvernement grec suit la situation de près. Le ministre du Tourisme, Vassilis Kikilias, a proposé une médiation, mais sans résultat pour l'instant. "Nous espérons une issue positive dans les prochains jours", a-t-il déclaré.
Conséquences à long terme
Au-delà de l'urgence, cette grève met en lumière la dépendance de Santorin aux transports touristiques et la fragilité de son modèle économique. Des voix s'élèvent pour diversifier l'offre et réduire la saisonnalité. En attendant, les bus restent garés et les touristes désemparés, tandis que les négociations se poursuivent sous la pression des acteurs économiques.



