Hiérarchies informelles émergent dans équipes sans managers, étude
Hiérarchies informelles dans équipes sans managers

Une nouvelle étude publiée le 4 mai dans le Journal of Occupational and Organizational Psychology relance le débat entre management horizontal et vertical. Menée par Lotta Harju, professeure de comportement organisationnel à l’EM Lyon Business School, et Maria Tims, enseignante-chercheuse en management à la Vrije Universiteit Amsterdam, elle a suivi pendant six mois 585 employés d’une grande entreprise financière néerlandaise ayant réduit son nombre de postes de management de 278 à seulement 25.

Comment les hiérarchies émergent sans managers

L’étude visait à comprendre comment évoluent les dynamiques de pouvoir et de participation lorsque les hiérarchies formelles sont largement supprimées. Les chercheurs ont observé que, sans managers désignés, des hiérarchies informelles se forment naturellement. Certains employés prennent plus d’initiatives, donnent des directives ou deviennent des références, ce qui crée une nouvelle stratification.

Selon Lotta Harju, « nous avons constaté que la suppression des managers ne conduit pas à une égalité parfaite ; au contraire, des hiérarchies informelles émergent, souvent basées sur l’expertise ou la personnalité ». Ces hiérarchies non officielles peuvent être moins transparentes et plus difficiles à contester que les hiérarchies formelles.

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Impact sur la participation et le bien-être

Les résultats montrent que les employés qui se retrouvent en bas de ces hiérarchies informelles participent moins aux décisions et rapportent un moindre bien-être au travail. « Ceux qui ne parviennent pas à s’imposer se sentent exclus et moins écoutés », explique Maria Tims. L’étude souligne que la simple suppression des titres ne suffit pas à créer une culture collaborative.

Sur les 585 participants, les chercheurs ont identifié que les dynamiques informelles influençaient fortement la répartition des tâches et la prise de parole. Les employés les plus extravertis ou ceux ayant une expertise technique pointue tendaient à dominer les discussions, tandis que les plus réservés ou moins spécialisés perdaient en influence.

Des implications pour les entreprises

Cette recherche a des implications pratiques pour les organisations qui souhaitent adopter des structures plus plates. Les auteurs recommandent de ne pas se contenter de supprimer des postes de management, mais de mettre en place des mécanismes explicites pour favoriser une participation équitable, comme des rotations de rôles ou des processus de décision structurés.

« Les entreprises doivent être conscientes que les hiérarchies informelles peuvent reproduire les inégalités », prévient Harju. L’étude suggère que les managers réduits en nombre devraient plutôt agir comme des facilitateurs pour équilibrer les contributions.

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