Un taux de rétention faible malgré une attractivité certaine
Montpellier, destination phare du sud de la France, affiche un paradoxe : si la ville attire de nombreux visiteurs, la durée moyenne de leurs séjours reste très courte. Dans les hôtels, le nombre de nuitées par client plafonne à seulement 1,5, contre trois à quatre dans les appart'hôtels. « On est sur un taux de rétention des visiteurs assez faible par rapport au reste de la France », concède Camille Galtier, directeur général de l'hôtel des Arts et président du club hôtelier du Grand Montpellier, qui fédère une cinquantaine d'adhérents. Selon lui, Montpellier est encore perçue comme une « destination de passage entre le nord et le sud de l'Europe ». L'enjeu est donc de convaincre les visiteurs de prolonger leur séjour et de rayonner sur le territoire à partir de la ville centre. Pour cela, il préconise d'abandonner la stratégie d'attractivité à 360° au profit d'un tourisme plus qualifié.
Le tourisme d'affaires, un pilier en mutation
Parmi les secteurs à forte valeur ajoutée, le tourisme d'affaires a longtemps porté Montpellier. « Aujourd'hui encore, c'est environ 40 % de nos réservations sur l'année », précise Charles-Henri Dufour, directeur des hôtels Belaroïa et Campanile Centre. Cependant, ce type de tourisme a profondément évolué. Après l'époque des géants IBM et Dell, le tissu économique local s'est recomposé autour de plus petites structures, souvent des start-up. « Les déplacements professionnels sont plus courts qu'avant. Il y a moins d'entreprises internationales et le télétravail est plus présent », explique Dufour. Cette tendance se traduit par une baisse de la durée des séjours et une demande accrue de flexibilité.
Le Corum concurrencé par de nouveaux palais des congrès
Les congressistes aussi ont changé leurs habitudes. Si le Corum était il y a quelques années un centre incontournable du sud de la France, il est aujourd'hui challengé par de nouveaux acteurs locaux. Nîmes a inauguré son palais des congrès « h2 » en décembre dernier, et le Cap d'Agde a vu sortir de terre une infrastructure neuve en avril 2019. Malgré cette concurrence, Montpellier conserve une longueur d'avance selon le classement ICCA 2025, où elle se classe huitième en France, bien qu'en recul par rapport à 2024. Camille Galtier insiste sur les atouts de la ville : « Son positionnement en centre-ville est un énorme atout. Les congressistes peuvent se déplacer à pied entre le Corum et les hôtels, ce qui reste rare dans les autres villes. Autour, l'écosystème est déjà structuré, avec des lieux pour les galas et les soirées, de l'hébergement de qualité en quantité suffisante. »
La rénovation du Corum, un enjeu clé pour l'avenir
Pour rester compétitifs, les professionnels comptent sur la rénovation annoncée du Corum. « Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est redonner de la dynamique au Corum pour rester compétitifs. Nous, professionnels, avons entendu la promesse du maire de Montpellier. Elle va dans le bon sens ! », déclare Galtier. Michaël Delafosse s'est engagé à rénover le palais des congrès « pour le rendre plus moderne, plus accueillant et plus performant », notamment en augmentant sa capacité d'accueil. En attendant, des travaux d'urgence ont été entrepris sur le toit de plus de 2 000 m² pour résoudre des problèmes d'infiltrations. Ces travaux expliquent en partie la non-reconduction de la guinguette Panorama, installée en 2024 et 2025 dans le cadre du 6e « permis d'imaginer ». La municipalité confirme que le projet de rénovation est toujours d'actualité : « Des premières réflexions sont en cours, mais il faudra passer par une phase importante d'état des lieux. Le constat est clair, cet espace très qualitatif a besoin d'être rénové. » Aucun calendrier n'a encore été avancé pour ce futur chantier.



