La Havane a été plongée dans le noir ce samedi 11 juillet 2026, alors qu'une nouvelle panne générale d'électricité a paralysé l'île. Il s'agit de la quatrième coupure massive en moins de six mois, un record inquiétant pour le pays. Selon l'Union électrique cubaine (UNE), la défaillance est survenue à 14h30 locales, affectant l'ensemble du réseau national.
Un blocus pétrolier américain renforcé
Cette nouvelle crise énergétique est directement liée au renforcement du blocus économique américain. Les autorités cubaines dénoncent une pénurie de fioul, essentiel pour alimenter les centrales thermiques vieillissantes. « Le gouvernement des États-Unis a intensifié les restrictions sur les livraisons de pétrole, rendant impossible le maintien de la production électrique », a déclaré le ministre de l'Énergie, Liván Arronte, dans une allocution télévisée. Cuba importe environ 60 % de son pétrole brut, principalement du Venezuela et du Mexique, mais les sanctions américaines compliquent ces approvisionnements.
Des infrastructures obsolètes
Au-delà du blocus, l'état du réseau électrique cubain est critique. Plus de 70 % des centrales thermiques ont dépassé leur durée de vie opérationnelle, selon des données officielles. La centrale de Mariel, l'une des plus grandes, fonctionne à seulement 40 % de sa capacité. « Nous faisons face à une combinaison mortelle : manque de combustible et équipements vétustes », a expliqué un ingénieur de l'UNE sous couvert d'anonymat. Les pannes sont devenues quasi quotidiennes, avec des délestages tournants qui durent jusqu'à 12 heures par jour dans certaines provinces.
Impact sur la population et l'économie
Les conséquences sont dramatiques pour les 11 millions de Cubains. Les hôpitaux fonctionnent avec des générateurs de secours, mais les coupures perturbent les soins. « Nous avons dû annuler des opérations chirurgicales non urgentes », a confié un médecin de l'hôpital Calixto García de La Havane. L'économie, déjà sinistrée, subit un nouveau coup dur : les usines tournent au ralenti, les réfrigérateurs vident leur contenu, et les communications sont interrompues. Le gouvernement a décrété l'état d'urgence énergétique et annoncé des mesures de rationnement strictes.
Une crise politique et sociale
Cette situation exacerbe les tensions sociales. Des manifestations spontanées ont éclaté dans plusieurs quartiers de La Havane, où des habitants réclament des solutions durables. « On nous promet des réparations depuis des années, mais rien ne change », a témoigné une retraitée, María González. L'opposition, bien que réduite au silence, critique l'incapacité du gouvernement à diversifier les sources d'énergie. Cuba mise pourtant sur les énergies renouvelables, avec un objectif de 24 % d'électricité d'origine solaire ou éolienne d'ici 2030, mais les progrès sont lents.
Réactions internationales
La communauté internationale s'inquiète. L'Union européenne a appelé à « un dialogue constructif entre Cuba et les États-Unis pour alléger les souffrances de la population ». De son côté, la Chine a proposé une aide technique pour moderniser le réseau. Les États-Unis n'ont pas commenté officiellement, mais des sources diplomatiques indiquent que les restrictions pétrolières resteront en vigueur tant que Cuba ne respectera pas ses engagements démocratiques.



