Le tribunal judiciaire d’Alès (Gard) a condamné, ce jeudi 16 juillet, un homme de 73 ans poursuivi pour deux faits d’exhibition sexuelle commis à quelques semaines d’intervalle au Vigan et à Avèze. Menotté à son arrivée dans le box, le septuagénaire comparaissait devant le tribunal correctionnel pour répondre de ces deux affaires, examinées conjointement en raison de leur proximité temporelle.
Premier fait : exhibition devant un adolescent de 13 ans
Les premiers faits remontent au 29 mai au Vigan. Un adolescent de 13 ans rentrait de son arrêt de bus et passait devant un bâtiment désaffecté à l’entrée de la commune. Le prévenu se tenait nu, en train de se masturber dans l’escalier. Les enquêteurs retrouvèrent rapidement le septuagénaire sur place. Placé en garde à vue, il reconnut les faits tout en assurant ne pas avoir voulu être vu. « Je peux m’expliquer, il faisait chaud, je suis sorti », affirma-t-il à la barre. « Je voulais pas me montrer à un jeune homme, je suis pas dans ce mode-là. » La mère du jeune homme, présente à l’audience, s’est constituée partie civile, avec pour seule ambition que le squatteur quitte les lieux désaffectés et dangereux. « Je ne veux pas qu’il reste là, ni pour sa sécurité, ni pour la nôtre. »
Second fait : exhibition lors de la demi-finale France-Espagne
Le second dossier concerne des faits survenus le 14 juillet, au milieu de la foule réunie dans un bar d’Avèze alors que se jouait l’infructueuse demi-finale France-Espagne. Plusieurs témoins décrivent un homme effectuant des gestes masturbatoires avant de quitter les lieux à l’arrivée des gendarmes. Une femme expliqua avoir vu le prévenu regarder sa fille tout en gardant « la main dans son slip ». À la barre, le septuagénaire contesta en partie. « J’avais commandé une bière. J’ai machinalement mis la main », soutint-il sans convaincre. « Je ne pouvais pas avoir la main dans mon slip, j’avais un cordon serré. » Il nia également avoir couru pour échapper aux forces de l’ordre, mais reconnut que son comportement « n’était pas approprié ».
Passage à l’acte : isolement, précarité et absence de pathologie mentale
Tout au long de l’audience, le tribunal chercha à comprendre le passage à l’acte. Le prévenu évoqua une succession d’épreuves récentes : l’extraction de toutes ses dents à la suite d’un contentieux avec un dentiste, un cancer, l’isolement et une grande précarité. En fin d’audience, il évoqua même des pensées suicidaires. « Il y a deux à trois semaines, je voulais trouver du bromure – je n’en ai pas trouvé – et je pensais m’arrêter avec ça. » L’expertise psychiatrique conclut toutefois à l’absence de pathologie mentale. Le septuagénaire est déclaré pleinement responsable de ses actes. L’expert souligna un risque important de récidive et estima qu’il est « peu réadaptable », tout en précisant qu’il ne relève pas d’une maladie psychiatrique.
La récidive au cœur des débats
Pour la procureure, la répétition des faits, moins de deux mois après les premiers et alors que le prévenu était déjà placé sous contrôle judiciaire, est particulièrement préoccupante. Elle rappela qu’une composition pénale prononcée en 2024 pour des faits similaires n’avait donné lieu qu’à une unique consultation dans le cadre de l’injonction thérapeutique. « Quand et comment va-t-il s’arrêter ? », interrogea la magistrate en requérant dix-huit mois d’emprisonnement, dont douze assortis d’un sursis probatoire renforcé, ainsi qu’un mandat de dépôt. La défense plaida au contraire pour un accompagnement médical plutôt qu’une incarcération immédiate. Son avocate insista sur la dégradation récente de la situation personnelle de son client et sur les démarches entreprises pour engager un suivi psychologique. « Si on n’explique pas le passage à l’acte, la prison fera un récidiviste », soutint-elle. « Il a été parfaitement inséré. Et n’a pas fait parler de lui avant l’âge de 72 ans. »
Condamnation : 18 mois avec sursis probatoire et suivi psychologique
Après une longue suspension d’audience, le tribunal reconnut le Cévenol coupable des deux faits. Il est condamné à dix-huit mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant deux ans. Il devra suivre des soins psychologiques, bénéficier d’un accompagnement social, ne plus fréquenter les lieux des infractions pendant deux ans, s’abstenir de toute activité en lien avec des mineurs durant cinq ans et est privé de ses droits d’éligibilité pendant deux ans. Son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles est également ordonnée.



