La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a proposé, jeudi 16 juillet, une augmentation de 2,5 % des tarifs réglementés de l'électricité (TRV) à compter du 1er août 2026. Cette hausse, qui concerne les 24 millions de ménages et petites entreprises abonnés aux TRV, est justifiée par la hausse des coûts d'approvisionnement sur les marchés de gros.
Des coûts d'approvisionnement en hausse
Selon la CRE, les prix de l'électricité sur les marchés de gros ont augmenté de près de 10 % depuis le début de l'année 2026, en raison de la reprise économique post-pandémie et de la hausse du prix du gaz naturel, qui influence le coût de production des centrales à gaz. Cette augmentation se répercute sur les tarifs réglementés, qui sont calculés en fonction des coûts d'approvisionnement, de transport et de distribution.
« Cette hausse de 2,5 % est nécessaire pour refléter les coûts réels supportés par les fournisseurs d'électricité », a déclaré le président de la CRE, Jean-François Carenco. « Nous avons veillé à ce que l'augmentation soit modérée et étalée dans le temps, afin de limiter l'impact sur le pouvoir d'achat des consommateurs. »
Un impact limité pour les ménages
Concrètement, pour un ménage type chauffé à l'électricité, la hausse représenterait environ 30 euros par an sur sa facture. Pour les ménages utilisant l'électricité uniquement pour l'éclairage et les appareils électroménagers, l'augmentation serait d'environ 15 euros par an. La CRE précise que cette hausse intervient après une baisse de 1,5 % des tarifs en février 2026, ce qui limite l'impact cumulé sur l'année.
Les associations de consommateurs ont réagi avec prudence. « Cette hausse, bien que modérée, intervient dans un contexte de forte inflation sur les produits de première nécessité », a déclaré Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. « Nous appelons le gouvernement à renforcer les aides destinées aux ménages les plus précaires, comme le chèque énergie. »
Une décision attendue du gouvernement
La proposition de la CRE doit être validée par le ministère de la Transition énergétique avant le 1er août. Le gouvernement peut s'opposer à la hausse ou la modifier, mais il doit alors justifier sa décision et proposer des mesures compensatoires pour les fournisseurs. En 2025, le gouvernement avait déjà refusé une hausse de 3 % proposée par la CRE, préférant lisser l'augmentation sur plusieurs mois.
Le ministère de la Transition énergétique a indiqué qu'il étudiait la proposition et qu'il prendrait une décision dans les prochains jours. « Nous sommes conscients des difficultés rencontrées par les ménages face à la hausse des prix de l'énergie, mais il est également important de garantir l'équilibre économique des fournisseurs et la sécurité d'approvisionnement », a déclaré le cabinet de la ministre.
Un contexte de hausse des prix de l'énergie
Cette proposition de hausse des tarifs de l'électricité s'inscrit dans un contexte plus large de hausse des prix de l'énergie en France et en Europe. Les prix du gaz naturel ont augmenté de 15 % depuis le début de l'année, tandis que les prix du pétrole ont également progressé. Ces hausses sont liées à la reprise économique mondiale et à des tensions géopolitiques, notamment en Ukraine.
La CRE prévoit que les tarifs réglementés de l'électricité pourraient encore augmenter de 1 % à 2 % d'ici la fin de l'année 2026, en fonction de l'évolution des marchés de gros. Toutefois, l'augmentation des capacités de production d'énergies renouvelables, qui ont des coûts de production plus stables, pourrait à moyen terme limiter la volatilité des prix.



