Ce dimanche 13 septembre, le Train à vapeur des Cévennes (TVC) célèbre ses 40 ans. À cette occasion, des départs sont prévus depuis Anduze à 11 h 30, 15 h et 17 h, et depuis Saint-Jean-du-Gard à 10 h 30, 14 h et 16 h 30. La visite des ateliers de restauration et d’entretien des locomotives est accessible de 10 h à 17 h.
Une expérience sensorielle unique
Le voyage en train à vapeur des Cévennes est avant tout une expérience sensorielle. À l’approche de la gare d’Anduze, la machine à vapeur, une Henschel de 1949 propriété de la Citev (Compagnie internationale des trains express à vapeur), s’annonce par son sifflet. Les cheminots Robin Bordarier et Albert Mone, aux commandes, font retentir deux, trois ou quatre coups de sifflet selon leur humeur, plongeant les passagers dans l’ambiance du temps du charbon.
La chaudière avale ce combustible noir par généreuses pelletées pour lancer le convoi sur la voie ferrée en direction de Saint-Jean-du-Gard. Dès le départ, l’obscurité du premier long tunnel traversant le rocher Saint-Julien, qui forme un des pans de la cluse d’Anduze, évoque une scène de La Bête humaine. La crainte s’efface à la sortie du tunnel, sur le pont métallique enjambant le Gardon.
Un patrimoine préservé par la passion
Le regard est séduit par la beauté du site de la confluence entre les Gardons de Mialet et d’Anduze, enserrée par les vertes collines cévenoles où les châtaigniers portent déjà les fruits de l’automne. Sur les berges du Gardon, un héron gris observe le passage du train. Les passagers, le nez à la fenêtre, peuvent recevoir de la suie, puis être lavés par un épais panache d’eau blanche, fruit d’une extraction de la chaudière, qui forme parfois un arc-en-ciel en s’évaporant.
À l’arrivée à Saint-Jean-du-Gard, une locomotive tracteur baptisée Gaston Moise achemine le public vers les ateliers. Ce lieu abrite un monde de machines-outils, de clefs de 37 et un engin de levage d’une capacité de 15 tonnes, au service de la survie de trois locomotives épargnées de la ruine du temps grâce à la passion des femmes et des hommes de la Citev.
La miniature et le retour
La passion du rail se joue aussi à l’échelle miniature. Les amateurs de trains électriques, de l’adolescent au retraité, font tourner de petites locomotives avec un plaisir égal à celui des cheminots. Avant le retour, Robin Bordarier lance à son confrère Albert Mone : « Bon, on va peut-être s’inquiéter du feu ». La machine de tête, une Krupp de 1937, s’ébranle alors pour le voyage en sens inverse.
Les petites gares successives, aujourd’hui transformées en habitations, racontent le temps révolu du train et des passages à niveau où un garde barrière veillait. En longeant la Bambouseraie de Générargues, d’immenses séquoias attirent le regard vers le ciel azuré. À la gare d’Anduze, terminus, la poésie de ce voyage hors du temps se dissipe comme un nuage de vapeur, laissant place à des souvenirs qui vont bon train.



