Breil-sur-Roya : la chapelle de la Visitation primée aux Rubans du Patrimoine
Breil-sur-Roya : la chapelle de la Visitation primée

La chapelle de la Visitation, située dans le hameau de Piène Haute à Breil-sur-Roya, a reçu le prix départemental des Rubans du Patrimoine le samedi 12 septembre 2026. Cette distinction récompense la qualité de sa restauration, menée dans le cadre d'un programme plus large de rénovation du patrimoine de la commune.

Une récompense pour un édifice du XVIIIe siècle

Le prix a été remis lors d'une cérémonie organisée sur la place du Rattachement. Le concours des Rubans du Patrimoine est porté par l'association des maires des Alpes-Maritimes, la fédération départementale du BTP, la Fondation du Patrimoine, le Groupement des entreprises de restauration des Monuments historiques (GMH) et la Caisse d'Épargne Côte d'Azur. Il distingue chaque année des communes qui se sont particulièrement illustrées dans la rénovation de leur patrimoine bâti. L'an dernier, c'est l'extension de l'école du vieux bourg et de la maison Blacas à Cagnes-sur-Mer qui avait été récompensée, obtenant même un prix régional. Cette année, Breil-sur-Roya partage sa distinction avec le village de Guillaumes, primé pour la restauration de la toiture de la tour circulaire du château de la Reine Jeanne.

La chapelle de la Visitation, inscrite aux Monuments historiques depuis 1992, présente des caractéristiques uniques. « Datant du XVIIIe siècle, elle est enserrée entre des maisons mitoyennes. L'édifice présente un décor peint néo-baroque/gothique du milieu du XIXe siècle qui intègre des restes d'un décor du XVIIIe siècle », précise l'architecte maître d'œuvre, Antoine Madélénat. Au fil du temps, des infiltrations d'eau avaient dégradé les décors intérieurs, tandis que la façade subissait une usure naturelle. Pour la restauration, il a été décidé de reconstituer les badigeons ocre rouge et ocre jaune et les effets d'ombre. « Pour les intérieurs, c'est le dernier décor, mélangeant les rocailles dorées, les faux marbres du retable et les arcatures gothiques entrelacées se détachant sur un ciel étoilé, qui a été restauré », indique-t-on.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un chantier salué par les professionnels

Patrick Moulard, président de la fédération du BTP des Alpes-Maritimes, a souligné que ce prix intervient dans un territoire marqué par la tempête Alex. « Breil a depuis engagé un important travail de reconstruction et de résilience. La restauration du patrimoine participe aussi de cette volonté de préserver l'identité de la commune et de préparer son avenir. Restaurer, c'est préserver une mémoire. C'est aussi transmettre des gestes, des compétences », a-t-il assuré. Le prix ne récompense pas seulement la municipalité, mais aussi les sociétés engagées sur le chantier : A Chaux et Sable, Arlea MH, menuiserie Lanteri, ainsi qu'Aurélie Nicolaus et Mickael Guyader.

Yann de Carné, représentant du GMH, a salué le choix des entreprises habilitées et l'audace de la commune : « Vous avez osé investir dans le patrimoine. En ce moment, les mairies ont moins de budgets, beaucoup de choix à faire, d'arbitrages. Alors c'est un pari. Mais il est payant ». Il a cité un rapport du Sénat de 2020 selon lequel 1 euro investi dans le patrimoine rapporterait ensuite 30 euros à la collectivité. Audrey Rastrelly, administratrice bénévole au sein de la Caisse d'Épargne et membre du jury, a qualifié la chapelle de « petit bijou » : « En voyant l'ensemble des dossiers, celui-ci sortait vraiment du lot. On a été admiratifs de cette valorisation qui met en lumière les savoir-faire anciens et actuels ».

Un programme de restauration ambitieux

Le maire de Breil-sur-Roya, Sébastien Olharan, a rappelé que malgré la tempête Alex, la commune a décidé de lancer un plan de 5 millions d'euros sur 5 ans pour la restauration du patrimoine religieux. « J'ai aujourd'hui une pensée pour Jean-Pierre Lamounette, le prieur de la confrérie des pénitents qui souhaitait ardemment la voir restaurer », a-t-il glissé. Le financement de la chapelle de la Visitation a été assuré à 80 % par le Département et à 20 % par la Drac. S'adressant aux différents acteurs des Rubans du Patrimoine, l'élu a conclu : « La reconnaissance que vous nous accordez est importante, elle est la preuve que c'est un travail essentiel. La démonstration que ces chantiers ne sont pas futiles ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La commune a déjà entrepris la restauration de l'église de Libre et de la toiture de la chapelle Notre-Dame du Mont, qui date du XIIe siècle. Quatre petites chapelles (Saint-Jérôme, celle du cimetière de Piène, Saint-Jean-Baptiste à Libre, et Sainte-Anne à la Giandola) sont également concernées dans le cadre de l'appel à projet de la Région pour le patrimoine rural non protégé. La restauration de la Sainte-Catherine, sinistrée par la tempête, et de la chapelle Notre-Dame-des-Grâces est en voie d'achèvement. « Celle-ci n'a pas seulement été restaurée… mais ressuscitée ! Nous avons investi 700 000 euros pour la restaurer de fond en comble. Il faut imaginer qu'elle avait été stabilisée par des câbles pour ne pas s'ouvrir en deux et s'écrouler », a retracé Sébastien Olharan. Il ne reste plus qu'à réaliser les décorations intérieures pour achever ce chantier. Le maire a également évoqué son souhait de réorienter les fonds originellement attribués par Monaco à l'église Sancta Maria in Albis sur ce projet, sous le contrôle du délégué départemental de la Fondation du Patrimoine, Guy Langlais. « On la restaurera aussi, mais pas dans des courts délais. Or, la Principauté veut que ce chapitre se termine et que les sommes soient versées », a-t-il détaillé, espérant que le reliquat soit ensuite affecté au presbytère de Piène Haute et à la petite chapelle de Piène Basse.