Au conseil municipal de ce vendredi 24 avril à Pau, les élus ont adopté un premier train de délibérations destinées à « redonner du pouvoir d’achat aux Palois ». Ils ont débattu durant trois heures trente : les élus de Pau réunis en conseil municipal vendredi 24 avril ont voté en faveur de premières mesures sociales portées par la nouvelle majorité de gauche.
Un débat animé sur le financement
« Si la question du pouvoir d’achat est bien réelle, laisser croire que la Ville seule peut changer durablement la donne, est à notre sens une illusion dangereuse », a lancé en guise de préambule l’opposant Kenny Bertonazzi, issu de la majorité sortante de centre-droit de François Bayrou. « La solidarité municipale compte, nous l’avons prouvé, mais des promesses sans budget chiffré, sans calendrier précis, sans nombre de bénéficiaires annoncés, ce sont des intentions, pas des politiques. »
Dans son sillage, plusieurs autres membres de l’opposition se sont inquiétés du coût de ces mesures pour la collectivité. Le nouveau maire de Pau Jérôme Marbot lui a répondu : « Cela ne fait que vingt-huit jours que nous sommes installés : j’assume que nous n’ayons pas des réponses à toutes vos questions. Beaucoup de choses sont à faire, et nous avons voulu commencer par nous concentrer sur les gains de pouvoir d’achat. Évidemment qu’une Ville ne peut pas tout, mais elle a la possibilité de faire faire des économies à ses habitants. »
Et de plaider : « Un certain nombre de nos concitoyens sont en désespérance, alors il nous semblait important de dire aux Palois que nous travaillons pour eux depuis le jour 1. » Sur le financement des mesures présentées, l’édile a révélé : « Nous l’évaluons à 1,5 à 2 millions d’euros par an, soit à peine plus de 1 % du budget de la collectivité. »
Les principales mesures adoptées
Cantine scolaire à tarification sociale
Le premier point adopté concerne la cantine scolaire : 3 349 repas sont servis tous les jours à Pau, et une tarification sociale sera mise en place. Une grille tarifaire par tranches va être élaborée à partir du Quotient Familial de la Caisse d’allocations familiales.
Mutuelle municipale et mutuelle vétérinaire
Par la suite, le lancement d’une mutuelle municipale a fait l’unanimité : la mesure vise à « réduire les inégalités sociales de santé ». En revanche, la mise en place d’une mutuelle vétérinaire a suscité le débat, l’opposant bayrouiste Jean-Marc Grussaute estimant qu’il s’agit là d’une aide au « grand capital », car « le monde du soin vétérinaire est en train de se concentrer », « ce qui se traduit par un besoin de performance financière ». Jérôme Marbot a simplement tenu à rappeler l’intérêt de la mesure pour les bénéficiaires : « Nous allons aider les propriétaires d’animaux à payer les factures de vétérinaire ».
Aides aux femmes enceintes, au permis et au Bafa
La distribution de paniers alimentaires bio et bien-être aux femmes enceintes a, elle, été favorablement accueillie. Idem pour le dispositif « Génération engagée », qui prévoit des aides financières pour le permis de conduire et le Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa) en faveur des jeunes de 16 à 25 ans, en échange de 40 heures de bénévolat au sein d’une association. Interrogé par l’opposition, le maire a précisé que la mesure devrait coûter 70 000 euros et financer environ 160 permis et 30 formations BAFA.
Autres mesures
À noter enfin parmi les délibérations adoptées, celle en faveur d’une aide à l’accès aux pratiques sportives et artistiques pour les enfants de 6 à 13 ans, la gratuité du stationnement au parking Bosquet les samedis, mais aussi le renforcement des mesures d’aide au Bail réel solidaire (BRS), qui permet l’accession à la propriété à des ménages modestes.
1 million pour des bourses étudiantes
La municipalité va octroyer des bourses municipales pour les étudiants, de 25 à 100 euros par mois pendant dix mois. « Tous les boursiers du Crous en seront bénéficiaires, a annoncé l’adjoint aux solidarités Franck Lamas. Le public concerné – près de 2000 jeunes en tout – sera les moins de 25 ans qui résident à Pau hors du foyer familial. » Une enveloppe d’environ 1 million d’euros sera consacrée à la mesure, répartie en 750 000 euros pour les bénéficiaires du Crous, et 250 000 euros pour d’autres étudiants précaires.
L’adjoint au maire sortant Éric Saubatte a critiqué : « Je ne trouve pas ça logique sachant que c’est l’argent public palois qui va être employé, et qu’au moins 80 % des gens qui vont en bénéficier ne sont pas des Palois. » Jérôme Marbot estime, au contraire, qu’il s’agit là d’ « un élément d’attractivité » : « Si nous pouvons aider des Gersois, des Bigourdans et des Landais à venir étudier à Pau, nous en serons ravis, a-t-il commenté. Parce que c’est comme ça que notre université va attirer des étudiants, et rayonner au-delà des seules limites de la ville ». Assumant « un effort très considérable de la collectivité », il s’est félicité : « C’est presque la mesure la plus importante de celles que nous vous proposons ce soir ».



