Leasing social : des bénéficiaires enthousiastes mais des limites pointées
Leasing social : enthousiasme et limites

Lancé en janvier 2026, le leasing social pour voitures électriques a rencontré un vif succès, avec plus de 50 000 dossiers déposés en quelques semaines. Ce dispositif permet aux ménages les plus modestes de louer une voiture électrique pour un loyer mensuel de 100 à 150 euros, après déduction des aides de l'État. Mais si les bénéficiaires se disent globalement satisfaits, ils pointent plusieurs limites.

Un enthousiasme réel mais nuancé

Pour Marie, 42 ans, mère de deux enfants vivant en zone périurbaine, le leasing social a été une aubaine. « Je n'aurais jamais pu acheter une voiture électrique sans cela. Mon ancienne voiture thermique consommait trop et polluait. Aujourd'hui, je paie 120 euros par mois, c'est un vrai soulagement », raconte-t-elle. Comme elle, 85 % des bénéficiaires interrogés dans une enquête récente se déclarent satisfaits du dispositif. Le faible coût mensuel est le principal motif de satisfaction.

Cependant, les critiques émergent sur l'autonomie des véhicules. « Je fais 60 kilomètres par jour pour aller travailler, et je dois recharger tous les soirs. L'autonomie annoncée de 250 km est en réalité de 180 km en hiver », déplore Karim, 38 ans, technicien de maintenance. Un tiers des utilisateurs interrogés estiment que l'autonomie est insuffisante pour leurs besoins quotidiens.

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Le réseau de recharge, un point noir

Le manque de bornes de recharge est le principal grief. « Dans mon immeuble, il n'y a pas de borne. Je dois aller à la borne publique à 10 minutes à pied, mais elle est souvent occupée », explique Sophie, 35 ans, employée de bureau. Selon une association d'utilisateurs, 40 % des bénéficiaires n'ont pas de solution de recharge à domicile. Le gouvernement promet 100 000 bornes supplémentaires d'ici 2027, mais le déploiement est jugé trop lent.

Par ailleurs, l'information sur le dispositif est jugée insuffisante. « J'ai appris l'existence du leasing social par hasard, sur les réseaux sociaux. Les démarches administratives sont complexes », témoigne Julien, 29 ans, ouvrier. Les associations de consommateurs réclament une meilleure communication et un accompagnement personnalisé.

Un bilan contrasté pour le gouvernement

Le leasing social s'inscrit dans la politique de transition écologique du gouvernement, qui vise à sortir des voitures thermiques d'ici 2035. Pour l'instant, 70 % des bénéficiaires sont des hommes, et la moyenne d'âge est de 45 ans. Le dispositif a coûté 300 millions d'euros à l'État en 2026, mais il permet d'éviter l'émission de 150 000 tonnes de CO2 par an, selon les estimations.

Les critiques portent aussi sur l'absence de voitures familiales dans l'offre. « Les modèles proposés sont des citadines, pas adaptées aux familles nombreuses », dénonce une association de familles. Le gouvernement promet d'élargir l'offre en 2027 avec des modèles plus grands.

En attendant, les bénéficiaires restent majoritairement satisfaits, mais ils attendent des améliorations concrètes sur l'autonomie et les bornes de recharge. Le succès du leasing social dépendra de la capacité des pouvoirs publics à répondre à ces attentes.

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