La mort des animaux : un marché florissant en France
La mort des animaux : un marché florissant

En France, la mort des animaux, qu'ils soient de compagnie ou d'élevage, est devenue un marché lucratif. Selon une enquête du Monde, ce secteur pèse environ 2,5 milliards d'euros par an, porté par la professionnalisation des services funéraires animaliers et la réglementation stricte sur l'élimination des cadavres.

Un secteur dominé par quelques acteurs

Le marché est dominé par une poignée de grands groupes, comme le groupe Atemax (ex-Saria) et la société Crématorium Animalier. Ces entreprises gèrent la collecte, le transport et le traitement des dépouilles, avec des tarifs variant de 50 à 500 euros selon le service. Les crémations individuelles pour animaux de compagnie coûtent en moyenne 250 euros, tandis que les services d'équarrissage pour les animaux d'élevage sont facturés à la tonne.

Selon un rapport de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), 70 % des cadavres d'animaux de compagnie sont encore éliminés par les vétérinaires, mais la tendance est à la crémation. Le nombre de crématoriums animaliers a augmenté de 30 % en cinq ans, passant de 80 à 104 établissements en 2025.

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Une réglementation stricte

La réglementation impose que les cadavres d'animaux de compagnie soient soit incinérés, soit enterrés dans un cimetière animalier agréé. Les propriétaires peuvent également opter pour la crémation individuelle, avec restitution des cendres, ou collective. Pour les animaux d'élevage, l'équarrissage est obligatoire, avec des coûts supportés par les éleveurs.

« La mort d'un animal est devenue un vrai business, avec des offres de plus en plus sophistiquées », explique Marie Dupont, sociologue spécialiste des rites funéraires. « On voit apparaître des services de thanatopraxie animale, des cercueils sur mesure, et même des cimetières privés. »

Un marché en croissance

Le marché devrait continuer à croître, porté par la hausse du nombre d'animaux de compagnie (plus de 63 millions en France) et la volonté des propriétaires de leur offrir une « belle mort ». Les entreprises innovent avec des offres de crémation à domicile ou des services de deuil en ligne.

Un exemple concret : le Crématorium Animalier de Lyon a traité 12 000 dépouilles en 2025, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2024. Son chiffre d'affaires a atteint 3 millions d'euros.

« Les gens sont prêts à dépenser de l'argent pour honorer la mémoire de leur animal, comme pour un membre de la famille », confirme Jean Martin, directeur général du groupe Atemax.

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