Le projet de loi d'urgence agricole, actuellement examiné par l'Assemblée nationale, suscite de vives inquiétudes parmi les défenseurs de l'environnement et certains parlementaires. Selon un article publié par Le Monde, ce texte pourrait consacrer une logique de « chacun pour soi » dans la gestion de l'eau, en facilitant les accords locaux entre agriculteurs et collectivités sans garantie de solidarité territoriale.
Un projet qui fragilise la gestion collective de l'eau
Le projet de loi prévoit notamment de simplifier les procédures pour la création de retenues d'eau et d'encourager les contrats locaux entre usagers. Cependant, des experts estiment que cela risque de fragmenter la gestion de la ressource, au détriment des territoires les plus vulnérables. « Ce texte ouvre la porte à une privatisation de fait de l'eau, où les plus puissants pourront s'accaparer la ressource », alerte un collectif d'associations environnementales.
Selon les données du ministère de l'Agriculture, 78 % des volumes d'eau prélevés en France sont destinés à l'agriculture, et les tensions sur la ressource s'accentuent avec le changement climatique. Le projet de loi, présenté comme une réponse à la crise agricole, pourrait aggraver ces tensions en favorisant des solutions locales non coordonnées.
Des critiques sur le manque de solidarité territoriale
Plusieurs députés, notamment issus des rangs écologistes, ont déposé des amendements pour renforcer la dimension collective de la gestion de l'eau. « Nous ne pouvons pas laisser chaque territoire se débrouiller seul face à la sécheresse. L'eau est un bien commun, pas une marchandise », a déclaré un député lors des débats. Le gouvernement, de son côté, défend le texte comme un outil de flexibilité nécessaire pour s'adapter aux réalités locales.
Le projet de loi d'urgence agricole doit être examiné en séance publique jusqu'à la fin de la semaine. Son adoption est attendue pour le mois d'août, mais les opposants promettent de poursuivre la mobilisation.



