Canicule: 50% de pertes pour les maraîchers des Alpes-Maritimes
Canicule: 50% de pertes pour les maraîchers

La canicule qui frappe la France provoque des pertes considérables dans les exploitations maraîchères. Guillaume Frère, maraîcher bio dans la vallée de la Siagne et à Grasse, élu à la chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes, dresse un constat alarmant : « C'est catastrophique. De façon certaine, c'est 45 à 50 % de pertes attendues sur la saison (mars-octobre) et peut-être, d'ici décembre, on va atteindre les 60 % de pertes. »

Des légumes qui souffrent de la chaleur

Les conséquences de la chaleur extrême sont visibles dans les champs. « On récolte 1 courgette sur 5, les pastèques explosent en plein champ tellement elles cuisent de l'intérieur, les salades, je n'en parle même pas… Les aubergines et les poivrons s'en sortent mieux mais ça ne rattrapera jamais la saison », explique Guillaume Frère. Il ajoute : « Nous allons déjà arracher les plants de tunnels entiers car cette année, pas de salade, à peine une courgette sur 5 et des pastèques qui éclatent en plein champ sous l'effet de la canicule. »

Un avenir incertain pour les maraîchers

La situation affecte profondément les producteurs. « Tout le monde pleure. J'ai deux maraîchers qui veulent arrêter et d'autres qui se demandent comment ils vont payer leurs charges », confie-t-il. Guillaume Frère, qui connaît tous les maraîchers du département, vit cette situation de l'intérieur. Il doit faire face à une perte de revenus significative : « En août et en septembre, ma rentrée d'argent : zéro ! Je vais être obligé de libérer mes tunnels (serres) bientôt. Tout arracher, mettre un engrais vert et couvrir les sols. »

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Des solutions à envisager

Face à cette crise, le maraîcher envisage de repenser ses méthodes de travail. « Il va falloir réinventer nos plannings et mettre le mois d'août en pause. Et si on nous demande pourquoi il n'y a pas de salades, eh bien on répondra qu'on n'est pas des magiciens ! » Il réfléchit également à diversifier ses cultures : « J'ai lancé l'avocat et c'est pas mal. Pour d'autres fruits exotiques, les hivers sont encore trop froids. »

Le poids de la déception

Au-delà des pertes financières, c'est le moral qui est touché. « C'est ce qui est dur à encaisser. L'investissement physique, l'amour du métier, tout ce qu'on donne toute l'année, pour au final, se demander si on va réussir à payer les charges demain », déplore-t-il. D'habitude, sur ses 6 hectares, il produit entre 130 et 60 tonnes de légumes chaque année. Cette année, il espère atteindre 80 tonnes : « Si j'arrive à 80 tonnes, je serai content. »

Une question d'avenir

Cette situation interroge sur l'avenir de la profession. Les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents, menacent la production maraîchère locale. Les producteurs doivent s'adapter, mais les solutions sont limitées. La question de la viabilité économique se pose avec acuité, et certains envisagent d'abandonner. L'avenir de l'agriculture dans les Alpes-Maritimes est en jeu.

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