Rixe à Alès : six et huit mois de prison pour violences sur un SDF
Rixe à Alès : six et huit mois de prison pour violences

Ce lundi 10 août, le tribunal d'Alès (Gard) a rendu son verdict dans une affaire de violences survenue le 6 août au matin. Deux hommes, âgés de 27 et 25 ans, étaient poursuivis pour une rixe violente ayant eu pour victime un homme sans domicile fixe qui dormait dans sa voiture. Le premier prévenu a été partiellement relaxé, mais condamné à six mois de prison ferme, tandis que le second a été reconnu coupable de l'ensemble des faits et condamné à huit mois d'emprisonnement, tous deux avec maintien en détention.

Les faits : une agression au petit matin

Dans la nuit du 5 au 6 août, un homme, chassé de son hébergement à coups de poing, avait choisi de dormir dans sa voiture dans les rues d'Alès. Son repos fut de courte durée. Tôt jeudi matin, il est réveillé par plusieurs hommes alcoolisés. La scène dégénère rapidement. Selon les déclarations de la victime, deux coups de couteau lui sont portés au bras, un coup de poing est également évoqué, et le rétroviseur de son véhicule est dégradé. La rixe est brutale.

Les deux prévenus, accompagnés d'un troisième homme, repartent avant de revenir plus tard sur les lieux. Ils sont alors désignés aux policiers et interpellés. Lors de l'interpellation, l'un des prévenus, violent, pousse des cris, insulte les agents et crache même sur l'un d'eux. Tous deux sont en état d'ivresse manifeste, et un marteau est retrouvé dissimulé dans la végétation.

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Audience : des versions qui s'opposent

Lors de l'audience en comparution immédiate, les deux hommes ont reconnu une partie des faits, mais contesté les violences. Le premier prévenu, qui compte quatre mentions à son casier judiciaire depuis 2017, a nié avoir utilisé une arme : « J'ai jamais mis de coups de couteau ». Il a assuré être intervenu « pour les séparer », mais a reconnu l'outrage et la rébellion commis lors de son interpellation. Le second prévenu, déjà condamné à dix reprises depuis 2020, a reconnu avoir dégradé le rétroviseur, mais a nié avoir frappé la victime.

Les avocates de la défense, Me Sophie Bonnaud et Me Olivia Betoe Schwerdorffer, ont insisté sur les zones d'ombre du dossier, notamment l'absence de vidéosurveillance, de témoin direct et de certificat médical. « Il est intervenu en pacificateur », a plaidé l'avocate du premier prévenu. La défense du second a contesté les violences et dénoncé une procédure reposant essentiellement sur les déclarations de la victime. « On demande de prendre la parole de la victime pour évangile », a résumé l'avocate.

Le parquet dénonce une agression gratuite

Le ministère public a défendu une lecture radicalement différente. La substitute du procureur, Sandrine Fabre, a évoqué « deux mis en cause avec une mémoire parcellaire » qui les arrange. Elle a décrit une victime dormant dans sa voiture, sur laquelle les prévenus seraient « tombés de manière gratuite », avant d'abîmer « le seul bien qu'il possède ». Le parquet a également insisté sur le retour des deux hommes sur les lieux et sur la présence du marteau.

Lors de l'interpellation, le premier prévenu s'était montré particulièrement virulent envers les policiers. Un fonctionnaire s'est constitué partie civile. Son avocat, Me Jean-François Corral, a dénoncé l'attitude du prévenu : « Fort en gueule pour insulter des policiers. Et devant le tribunal, on est gentil et mignon. »

Les réquisitions et le verdict

Le parquet avait requis dix-huit mois d'emprisonnement pour chacun, avec maintien en détention. Le tribunal a finalement tranché : le premier prévenu a été relaxé des faits de violences, mais condamné à six mois de prison ferme, avec maintien en détention. Il devra également verser 600 euros au titre du préjudice moral et 500 euros pour les frais d'avocat. Le second a été déclaré coupable de l'ensemble des faits et condamné à huit mois d'emprisonnement, avec maintien en détention.

Cette affaire illustre les difficultés d'établir la vérité dans des rixes impliquant des personnes vulnérables, où les témoignages sont souvent contradictoires et les preuves matérielles rares. Le choix du tribunal de maintenir les deux hommes en détention souligne la gravité des faits, même si la relaxe partielle du premier prévenu montre que la parole de la victime n'a pas été prise pour argent comptant.

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