Urgence à l'île d'Aix : travaux de sauvetage des remparts menacés d'effondrement
Urgence à l'île d'Aix : sauvetage des remparts menacés

Entre une mise en sécurité, des colmatages provisoires imminents et le lancement d’études globales, les ouvrages de protection restent au cœur des préoccupations à l’île d’Aix. Face à la menace imminente d’un effondrement d’une partie des remparts portuaires, la Société des amis de l’île d’Aix (SAIA) a déclenché une série de travaux d’urgence.

Des signes d’affaissement dès février

Depuis les premiers signes d’affaissement du talus constatés mi-février, l’organisation, propriétaire des lieux, doit sécuriser cette zone névralgique située près de la place d’Austerlitz. Dès la fin du mois de mars, le talus qui s’était affaissé a été amputé de moitié. « Le mouvement du rempart a été analysé comme étant le fait d’une poussée du talus vers la mer », explique Jean-Luc Guermonprez, président de la SAIA, qui détaille le plan de sauvetage de ces ouvrages classés. Et d’ajouter : « Tout le monde s’accorde pour dire que c’était dû aux 41 jours de précipitations sans interruption qu’a subies la façade maritime. »

Première phase de mise en sécurité

Pour éviter que cette gigantesque poche d’eau et de terre ne fasse céder la structure, une première intervention s’est imposée. Des travaux de décompression du rempart ont été réalisés au travers d’un chantier de terrassement désormais achevé. Pour cette première phase de mise en sécurité, le président précise qu’un maximum de 50 000 euros a été investi. Un effort financier épaulé par l’État puisque la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) subventionne 40 % de l’intervention.

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Colmatages provisoires et consolidation

Le chantier est toutefois loin d’être terminé. Dès ce mardi 28 avril, une nouvelle étape débute pour une quinzaine de jours. L’entreprise agréée Monuments historiques, Les Compagnons réunis, va entrer en action. « On va boucher de façon provisoire la fissure verticale qui est sur le rempart et on va reboucher les trous en pied de rempart qui sont autour de la fissure, de façon à minimiser l’arrivée d’eau », explique Jean-Luc Guermonprez. Ces mesures sont des protections conservatoires temporaires. Il s’agira également de consolider la maçonnerie de soubassement où des pierres ont bougé, sont tombées ou se sont descellées. La SAIA a signé le devis dès sa réception et validation par l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (Udap).

Études globales des remparts à l’est

En parallèle, des études se poursuivent avec le service ingénierie littorale du Département pour déterminer la nature de la phase suivante. Il faudra définir si un étaiement provisoire côté mer ou un renforcement des fondations sera nécessaire. Dès le 28 avril, l’entreprise agréée Les Compagnons réunis mettra en place des protections conservatoires temporaires contre la pénétration de l’eau dans la maçonnerie. Si les interventions actuelles visent à parer au plus pressé, la SAIA et le Département voient plus loin. « Nous démarrons une phase d’étude qui va prendre plusieurs mois pour surveiller la totalité du rempart est de l’île. » L’objectif est d’inspecter ce monument de près de 200 ans pour y détecter d’éventuelles « poches d’eau » ou fragilités cachées.

Financement et partenariat renouvelé

Ces futurs travaux de consolidation exigeront un budget, nécessitant le soutien de fonds européens ou de l’État. Et la supervision de l’Architecte des bâtiments de France. Après les menaces d’aller en justice de la municipalité, la SAIA se félicite d’un changement de dynamique politique depuis l’élection de la nouvelle maire, Marie Botella ; « nous sommes revenus dans un mode de fonctionnement partenarial avec la commune », conclut la SAIA.

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