Dhafer Youssef et Ballaké Sissoko envoûtent Fiest'à Sète
Dhafer Youssef et Ballaké Sissoko envoûtent Fiest'à Sète

La troisième soirée de la 29e édition de Fiest'à Sète, affichant complet avant son ouverture, a offert ce dimanche 2 août un double voyage hors du temps grâce au duo Piers Faccini-Ballaké Sissoko et au quintette de Dhafer Youssef. Le public du Théâtre de la Mer est resté muet d'admiration devant la qualité exceptionnelle de ces performances.

Un silence rare et précieux

Dans un festival dédié aux sons du monde, le silence qui a régné durant les concerts était d'une qualité rare. Même les mouches semblaient avoir contourné les lieux pour ne pas troubler l'atmosphère. Ce silence, imposé avec élégance, a été peuplé de poèmes musicaux par le duo Sissoko-Faccini, créant une expérience spirituelle unique.

Le joueur de kora malien et le chanteur-guitariste cévenol, qui se connaissent depuis plus de vingt ans, ont présenté leur album « The Calling » (No Format), sorti l'an dernier. Leur musique, mêlant trames mandingues et mélodies européennes, a transporté le public jusqu'au bord du monde.

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Dhafer Youssef : un trip mystique de plus de deux heures

Le concert de Dhafer Youssef, moins solennel mais tout aussi captivant, a réussi l'exploit de clouer le bec aux spectateurs tout en les laissant bouche bée. L'oudiste et vocaliste tunisien a exploré son dernier album « Shiraz » (ACT), dédié à son épouse Shiraz Fardi, qui affrontait un cancer. « Shiraz, c'est ma femme, c'est ma vie, c'est avant Allah, starfoullah », a-t-il confié avec sincérité et humour.

Accompagné de quatre musiciens exceptionnels – Daniel Garcia au piano, Mario Rom à la trompette, Noé Berne à la basse et Tao Ehrlich à la batterie – Dhafer Youssef a offert un voyage en équilibre entre jazz contemporain et musiques orientales. Pendant plus de deux heures, il a entraîné le public sur une ligne de crête, entre tradition millénaire et modernité, provoquant une véritable apnée collective.

Des moments forts et des solos remarquables

Des pièces comme « The Epistle of Love » ont débuté par un soliloque oriental du oud, soutenu par le piano, avant de s'évader dans le jazz. « Zakir Bhai Eternal » a impressionné par la performance vocale en voix de tête de Dhafer Youssef, digne d'un muezzin hallucinant, avant de bifurquer vers le smooth jazz et un remarquable solo de basse. « 41 Milestone » a combiné piano et trompette sur un sol tellurique grisant, après un nouveau passage vocal dans les graves puis les aigus vertigineux.

Cette soirée restera gravée dans les mémoires comme un moment de grâce absolue, où la musique a transcendé les frontières et les genres.

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