Un moment historique pour le patrimoine maritime basque
Le samedi 16 avril 2022, aux alentours de 11 heures, une foule nombreuse s'est rassemblée sur le quai Maréchal-Leclerc à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. Tous les regards étaient tournés vers le chenal, où la silhouette de la chaloupe sardinière Alba se découpait fièrement sur l'eau. Ce baptême constituait l'un des temps forts de la première édition d'Itsasotik, de l'océan à l'assiette, un événement organisé par la Ville de Saint-Jean-de-Luz pour valoriser les métiers de la filière pêche et le riche patrimoine maritime local.
Une réplique fidèle chargée d'histoire
Alba est la reproduction exacte d'une chaloupe sardinière initialement construite en 1907. Ce projet ambitieux a nécessité près de trois ans de travail, dirigé par Julien Marin, responsable du chantier naval éponyme à Ciboure. L'association Trois Mâts basque, à l'origine de cette initiative, a mobilisé de nombreux bénévoles qui ont insufflé, selon les mots du coordinateur Bruno Hervouet, un véritable esprit d'équipage. Le résultat est une œuvre d'une beauté remarquable, qui flotte désormais avec élégance dans les eaux du port.
Une cérémonie empreinte d'émotion et de solidarité
La bénédiction de la chaloupe a été réalisée par l'aumônier des marins, Mikel Epalza, qui a prononcé un discours poignant sur la nécessité de protéger la pêche artisanale. Il a salué la chaîne de solidarité ayant permis la réalisation de ce projet. Étaient également présents Leire Larrasa, première adjointe au maire de Ciboure, et Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz, soulignant l'importance de ce patrimoine vivant.
Pour l'occasion, d'autres embarcations historiques avaient fait le déplacement, renforçant le caractère festif et solidaire de l'événement :
- La patache Juanita Larando, venue du chantier Albaola de Pasaia avec son large équipage.
- La grande chaloupe de l'Hermione, arrivée dans le sillage d'Alba.
Un patrimoine qui se transmet aux générations futures
Mikel Epalza, encyclopédique sur l'histoire maritime, a rappelé des épisodes tragiques comme la galerne du 12 août 1912, qui coûta la vie à 146 marins au nord de Bermeo. Leire Larrasa a, quant à elle, insisté sur le caractère dynamique de ce patrimoine, évoquant l'activité du port, la criée et le lycée maritime qui forment de jeunes hommes et femmes à ces métiers exigeants.
Ce baptême consacre également l'expertise des chantiers Marin et illustre une transmission précieuse. L'élue a annoncé que cet héritage trouvera sa place au sein du futur centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine des Récollets, dont l'ouverture était espérée pour le printemps 2023.
Vers un projet encore plus ambitieux
La bouteille cassée sur la proue d'Alba par sa marraine, Marie-Michelle Rey-Puchu, fille, sœur et belle-mère de pêcheur, ne marque pas la fin de l'aventure. Yann Maus, coprésident de l'association Trois Mâts basque, a rappelé que ce baptême n'est que le début d'un projet plus vaste : la construction d'une réplique d'un trois-mâts goélette de 40 mètres de long, baptisée Biscaye. Le premier coup de pioche du chantier spectacle, qui accueillera cette construction, était prévu pour la fin de l'année 2022.
À terme, Alba aura pour mission de transporter les visiteurs entre le port de Saint-Jean-de-Luz et le site du chantier, sur le modèle participatif et didactique de l'Hermione ou du San Juan à Pasaia. Bruno Hervouet a lancé un appel aux volontaires : Biscaye, c'est beaucoup plus gros et nous allons devoir étoffer les rangs. Rejoignez-nous !
Itsasotik, un succès prometteur
Cette première édition d'Itsasotik a rencontré un beau succès, bénéficiant de la conjonction de la Semaine sainte, qui a attiré de nombreux visiteurs espagnols, et du baptême d'Alba, ayant rassemblé une foule impressionnante. Si la conférence sur la pêche durable du vendredi aurait mérité une audience plus large, l'événement a globalement trouvé son public, posant les bases d'une future édition.



