Une nouvelle enquête pour le commissaire Adamsberg
Rue Monsieur-le-Prince, en pleine nuit, le commissaire Adamsberg arpente les rues du Quartier latin comme à son habitude. Vers deux heures du matin, ses pensées vagabondes sont interrompues par un attroupement et les gyrophares bleus des véhicules de police. Une scène de crime l'attend, qui va le plonger dans une enquête des plus déroutantes.
Une scène de crime énigmatique
La victime, une jeune femme d'une indicible beauté, repose sur le sol comme si son assassin l'y avait délicatement déposée. Autour d'elle, plusieurs objets intriguent immédiatement le commissaire : un bouquet d'ancolies, ces fleurs symbolisant l'amour parfait et la pureté, une alliance qui ne lui appartient pas, une gourmette en or massif, un sifflet et une veste à motif pied-de-poule, désuète et trop chaude pour la saison.
Adamsberg ressent immédiatement une étrange familiarité face à cette scène. Le modus operandi lui semble reconnaissable au premier coup d'œil, mais l'extrême délicatesse du meurtrier le déroute complètement. « Pas de trace du tueur, ni empreinte, ni pellicule, ni cheveu, ni poil, ni sueur, ni sperme, ni salive… » constate-t-il, ajoutant : « À croire que ce mec est immatériel. »
Le retour de la brigade familière
Dès les premières pages, le lecteur retrouve avec plaisir la brigade désormais célèbre de Fred Vargas : Danglard, Mordent, Retancourt, Veyrenc, Mercadet, Noël et Estalère. À leurs côtés apparaissent de nouveaux personnages : Marcus Leroy, « un brave type qui veut toujours bien faire et peut-être un peu trop », dont Adamsberg a sauvé la vie et la carrière quelques années plus tôt, ainsi que Sébastien de Charlus, un aristocrate affable et proustien en diable, accompagné de son chien Anselme.
Ce dernier a ses habitudes bien établies devant l'entrée de la brigade, déposant chaque matin « un “Merde aux flics” en bonne et due forme », ajoutant une touche d'humour caractéristique à l'univers de Fred Vargas.
Une enquête aux multiples pistes
Si l'« unique lueur » tarde à percer dans cette affaire, c'est que le meurtrier diffère radicalement des profils habituels. Est-ce un pervers raffiné ou un « amoureux désespérément désespéré » ? Les indices se multiplient : les premiers vers d'« El Desdichado » de Nerval, le sifflement de Lauren Bacall dans Le Port de l'angoisse (1944), et même une incursion inattendue à Los Angeles.
Adamsberg déploie ses savoureuses élucubrations, moins farfelues qu'elles n'en ont l'air, pour tenter de mettre la main sur cet assassin évanescent. Chaque piste explore des territoires à la fois réalistes et oniriques, caractéristique du style unique de l'auteure.
L'alchimie du roman policier
En habile alchimiste des codes du roman policier, Fred Vargas régale une fois encore les amoureux du polar sans laisser les autres lecteurs sur le bord de la route. Elle confère à son roman une dimension onirique et poétique qui tient autant à sa plume élégante qu'aux caractères bien trempés de ses personnages.
Le charme rétro d'une actrice hollywoodienne se mêle à la personnalité énigmatique du meurtrier, créant une atmosphère unique où le réalisme policier rencontre la littérature la plus raffinée. « Une unique lueur » confirme que Fred Vargas possède décidément « quelque chose » que les autres auteurs de polar n'ont pas.
Ce nouveau roman de 544 pages, publié aux éditions Flammarion au prix de 23 euros, promet aux lecteurs des heures de plaisir littéraire et d'enquête captivante aux côtés du commissaire le plus original de la littérature policière française.



