« Diables Blancs » : le roman noir inédit qui dynamite le rêve américain
« Diables Blancs » : le roman noir qui écorche le rêve américain

« Diables Blancs » : la confession explosive d’un écrivain en exil

Un écrivain à bout de souffle, acculé par l’échec, imagine un plan diabolique pour se refaire une réputation et une fortune. Sa victime ? Son riche beau-père. « Diables Blancs », publié pour la première fois trente ans après la disparition de son auteur, écorche violemment l’image du « rêve américain ». Ce roman noir, édité par Monsieur Toussaint Louverture, plonge le lecteur dans une confession retranscrite sur sept cassettes, où Tom Dunbar, écrivain sans succès, raconte depuis son exil comment il en est arrivé à commettre un meurtre pour un pactole et un « true crime » à succès.

Une confession sous le soleil de la Death Valley

« Je n’ai que six heures pour déverser tout ça, toute cette putain de folie furieuse, en un affreux torrent de mots, continu, impossible à arrêter, à corriger. Un peu à la Kerouac. Sauf qu’au lieu de passer la nuit sous benzédrine, à taper à la machine sur la table de cuisine de ma mère, je parle dans ce Walkman sous un soleil de taré. » Ces mots sont ceux de James Robert Baker, écrivain et scénariste américain méconnu en France, dont il ne reste depuis son suicide en 1994 que quelques œuvres trash et satiriques. « Diables Blancs » est son roman inédit, une œuvre qui mêle violence, satire et critique sociale.

Tom Dunbar, le protagoniste, est au bord du gouffre financier, les droits d’auteur de son best-seller sont essorés. Le décor est idyllique à Pacific Palisades, la banlieue chic de Los Angeles, mais quelque chose pourrit au royaume. Sa femme, Beth, une blonde incendiaire, est dérangée, et lui, écrivain prometteur, est sans souffle. Une idée germe alors, arrosée de cocktails de benzédrine, Xanax et tequila : tuer son richissime beau-père, un bourlingueur ami de Ronald Reagan, raconter le « true crime » à la manière de Truman Capote dans « De sang-froid », et en tirer profit.

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Le piège mortel d’un rêve californien

Coincé en surchauffe par 49°C dans une villa de la Death Valley, Tom Dunbar confesse : « Dans une montée d’euphorie, je prends conscience que ce que nous sommes en train de faire n’a jamais été fait auparavant : nous sommes en train d’inventer une histoire vraie. Je me sens comme Capote a dû se sentir lorsqu’il a épinglé le terme de ‘roman de non-fiction’. Comme si j’avais inventé quoi que ce soit. C’est dire si je suis déchiré. » James Robert Baker a achevé ce manuscrit en 1994, offrant une critique acerbe de la société californienne.

La force de « Diables Blancs » ne réside pas seulement dans son style « néo-gonzo » pastiché, assaisonné de violence sous amphétamines, mais dans le piège mortel et bien tordu auquel le lecteur assiste, rappelant « L’Inconnu du Nord-Express » de Patricia Highsmith. Le rythme est addictif et débridé, dans un genre proche du « pulp », mais avec une modernité des années 1990 qui dynamite avec talent le rêve californien.

Un hommage jubilatoire à la culture populaire

Les références abondent dans cette œuvre étrange, lui conférant un côté jubilatoire : Joan Didion, Hunter S. Thompson, Raymond Chandler, « Les Arnaqueurs » de Jim Thompson, « Les Bouchées doubles » de James Hadley Chase, « L’Introuvable » de Dashiell Hammett, mais aussi des séries télévisées comme « Roseanne » ou « La Croisière s’amuse », et des films comme « China Town ». Cette accumulation en fait un parfait film noir en puissance, une plongée dans les bas-fonds de l’Amérique.

« Diables Blancs », de James Robert Baker, traduit de l’anglais par Yoko Lacour, est publié aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Avec 288 pages, il est disponible au prix de 20,90 € en version papier et 14,99 € en ebook. Ce roman est une lecture incontournable pour les amateurs de thrillers psychologiques et de critiques sociales acerbes.

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