Ce mardi 4 août, à 20h50 sur OCS, les téléspectateurs pourront découvrir « Vice », le biopic féroce qu'Adam McKay a consacré à Dick Cheney, le très influent vice-président de George W. Bush. Le film, sorti en 2018, offre une plongée sans concession dans les coulisses du pouvoir américain, porté par une performance éblouissante de Christian Bale.
Un portrait au vitriol de l'ancien homme fort de la Maison-Blanche
Le long-métrage, d'une durée de 2h12, s'attache à retracer le parcours hors norme de Dick Cheney, décédé le 3 novembre 2025 à l'âge de 84 ans. Figure tutélaire de l'aile la plus conservatrice du Parti républicain, Cheney a marqué l'histoire par son appétit insatiable pour le pouvoir et son absence totale de scrupules. Adam McKay, connu pour son style incisif, adopte ici un ton satirique et documenté pour évoquer cette page sombre de l'histoire américaine.
Le réalisateur n'hésite pas à utiliser des procédés narratifs audacieux, oscillant entre humour grinçant et bouffonnerie. Il n'épargne personne, pas même le président George W. Bush, dépeint comme un personnage falot et limité. Le message est limpide : les néoconservateurs, assoiffés de pouvoir, ont pris le contrôle des institutions, et le film se veut un avertissement salutaire.
Un film inégal mais percutant
Si certaines scènes, comme les dialogues en vers shakespeariens entre Cheney et son épouse, peuvent paraître absurdes, d'autres frappent par leur lucidité. Le film montre notamment comment Cheney a usurpé les prérogatives présidentielles après les attentats du 11-Septembre, ordonnant des opérations militaires ou des assassinats ciblés, sans l'aval du Congrès. Une démonstration alarmante des dérives possibles de l'exécutif.
Le biopic explore également d'autres facettes de l'homme : sa passion pour la pêche à la mouche, ses problèmes cardiaques récurrents, ou encore ses liens étroits avec l'industrie pétrolière. Autant d'éléments qui enrichissent le portrait d'un personnage complexe, à la fois stratège redoutable et homme malade.
Une critique américaine divisée, un public conquis
À sa sortie, « Vice » a suscité des réactions contrastées outre-Atlantique. La critique américaine a souvent reproché au film ses inexactitudes historiques, son parti pris militant ou son ton jugé trop sarcastique. Pourtant, ces mêmes défauts font tout le charme du film pour les spectateurs européens, qui y voient une satire réjouissante.
Dick Cheney, de son côté, n'a jamais réagi publiquement au film. Ses soutiens, en revanche, se sont offusqués, allant jusqu'à qualifier le biopic d'« ordure de caniveau ». Une réaction qui en dit long sur la nervosité de l'establishment conservateur face à ce portrait sans complaisance.
Christian Bale, une métamorphose saluée par tous
Unanime, en revanche, l'admiration pour le travail de Christian Bale. L'acteur a pris près de 20 kilos pour incarner Dick Cheney, et sa transformation physique est bluffante. Au-delà du physique, Bale parvient à insuffler une humanité troublante à ce personnage pourtant détestable. Une performance qualifiée de « magique » par la critique, qui transcende le simple jeu d'acteur.
Le casting réunit également Amy Adams dans le rôle de Lynne Cheney, Steve Carell en Donald Rumsfeld et Sam Rockwell en George W. Bush. Des comédiens de talent qui contribuent à la réussite du film.
« Vice » est disponible à la demande sur myCANAL et sera diffusé ce soir à 20h50 sur OCS. Une occasion de (re)découvrir ce pamphlet politique cinglant, qui dénonce avec brio les dérives d'un pouvoir sans contre-pouvoir.



