L'auteur canado-haïtien Thélyson Orélien, accusé d'avoir utilisé une intelligence artificielle pour écrire son roman Ç'était ça ou mourir, continue de nier les faits, malgré le fait d'avoir été lâché par son éditeur québécois. Il s'est confié au journaliste de Libération Rachid Laïreche, qui a réussi à l'interviewer par téléphone.
Des emprunts reconnus, mais pas une écriture par IA
« J'ai dit que le livre a été écrit par moi, ce n'est pas comme si c'est l'IA qui l'a écrit », insiste-t-il. Il reconnaît toutefois des emprunts dans le cadre, notamment, de recherches historiques : « comme pour traduire des langues, j'ai utilisé des outils », lâche-t-il. Il confie qu'il « ne [s'attendait] pas à tout ça ».
À son interlocuteur, Thélyson Orélien se décrit pourtant comme « un homme […] qui a fait des bêtises en copiant dans son plus jeune âge », ce qui ressemble à un aveu à demi-mot.
Une attitude fataliste face aux accusations
En attendant, l'écrivain, qui dit ne pas comprendre ce qu'on lui veut, semble redouter des représailles personnelles : « Après le livre, vont-ils s'en prendre à ma personne ? ». « C'est comme ça, c'est la vie », déclare-t-il, résigné, avant de concéder qu'il ne souhaite pas « [se] battre contre tous ces gens, ils sont trop forts ».
Enfin, celui qui déplore que l'affaire qui le touche « dépasse le cadre littéraire », qu'elle aille « trop loin », dit son grand désarroi en s'interrogeant à voix haute : « À quoi va ressembler mon futur ? ».