Fin des secondes intercalaires : vote historique en 2027
Fin des secondes intercalaires en 2027

La Conférence générale des poids et mesures (CGPM) a voté, jeudi 15 octobre, la suppression de la seconde « intercalaire » à compter du 20 mai 2027. Cette décision met fin aux ajustements ponctuels du Temps universel coordonné (UTC), qui servaient depuis 1972 à caler l’heure atomique sur la rotation de la Terre. Elle vise à éviter les bugs majeurs que ces secondes ajoutées de manière irrégulière pouvaient provoquer dans les réseaux informatiques.

Depuis 1972, 27 secondes intercalaires ont été ajoutées de façon irrégulière au temps universel coordonné, la dernière datant du 31 décembre 2016. Avec cette réforme, il ne sera plus jamais 23 h 59 min 60 s sur les horloges connectées. Le temps officiel et le temps terrestre vont désormais diverger lentement, sans qu’aucune mesure ne soit prise jusqu’à une limite maximale fixée à une heure par la CGPM.

Un ajustement devenu problématique pour les systèmes informatiques

La seconde intercalaire a été créée pour que le temps officiel ne diffère pas trop du temps « solaire », celui que perçoivent les habitants de la Terre. Quand la différence entre l’UTC et le temps lié à la rotation terrestre (UT1) approche 0,9 seconde, une seconde est ajoutée à l’UTC. Après 23 h 59 min 59 s, l’horloge affiche alors 23 h 59 min 60 s avant de passer à 00 h 00 min 00 s.

Cette correction irrégulière est calculée et annoncée moins de six mois à l’avance, ce qui rend difficile sa prise en compte par les systèmes informatiques et de télécommunications, devenus centraux dans les infrastructures au cours des 50 dernières années. Une réforme devenait urgente, alors que se profilait pour la première fois une possible seconde intercalaire négative.

La menace d’une seconde négative et ses conséquences

« Depuis quelque temps, pour des raisons très complexes qu’on n’explique pas bien et qui sont surtout imprévisibles, la rotation de la Terre a tendance à accélérer », a expliqué à l’AFP Thomas Grenon, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE). Si cette tendance se confirmait, il aurait fallu retirer une seconde au lieu d’en ajouter. Or, des simulations ont montré que « de nombreux appareils ne gèrent pas correctement ce cas », a rappelé Douglas Arnold, président du groupe d’experts qui définit la norme internationale de synchronisation des horloges des réseaux informatiques.

En cas de seconde négative, on pouvait « s’attendre à de nombreuses défaillances dans les infrastructures critiques (réseaux électriques, défense, transports, finance, télécoms…) entraînant des pertes financières considérables et des risques potentiels pour la sécurité du public », a ajouté Douglas Arnold devant la CGPM.

Un temps continu à partir de 2027

À compter du 20 mai 2027, l’UTC deviendra continu, sans sauts de puces irréguliers. Le temps officiel et le temps terrestre vont diverger lentement, mais « il faudra de nombreux siècles pour atteindre » un décalage d’une heure, a assuré Noël Dimarcq, président du Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF), en présentant la résolution devant la Conférence générale des poids et des mesures.