L'entreprise biterroise Qannt, créée en novembre 2023, a développé une intelligence artificielle capable de protéger les oiseaux autour des parcs éoliens. Début octobre 2026, elle annonce 97 systèmes installés en France, après une croissance rapide depuis Béziers.
Un dispositif qui allie protection et production
Le principe de BeWe, la technologie de Qannt, repose sur des caméras qui repèrent un oiseau à plusieurs centaines de mètres d'une éolienne. Une IA embarquée identifie alors l'espèce en temps réel et déclenche, si nécessaire, l'arrêt de la machine avant qu'il ne soit trop près. L'objectif est double : "protéger les oiseaux tout en limitant les pertes de production", synthétise Dominique Lecocq, ingénieur en informatique industrielle et cofondateur de l'entreprise.
Cette technologie répond à un enjeu majeur pour les exploitants de parcs éoliens. Certains sont soumis à des obligations environnementales, mais d'autres choisissent de s'équiper de manière préventive. La collision avec une espèce protégée peut en effet entraîner l'arrêt d'un parc pendant plusieurs mois, avec des conséquences économiques considérables.
Un développement fulgurant depuis Béziers
Il a fallu 18 mois de recherche et développement et près de 800 000 euros d'investissement pour mettre au point le premier système. L'entreprise, partie d'une équipe de quatre collaborateurs, en compte désormais 22. Son développement est piloté depuis Béziers, une ville choisie pour sa qualité de vie et sa situation stratégique sur les routes migratoires des oiseaux. La fabrication est assurée en Occitanie, plus précisément dans le Lot.
Après ses premières ventes courant 2025, Qannt a connu une croissance rapide. Début octobre 2026, elle annonce 97 systèmes installés en France. Cette expansion s'accompagne d'une diversification géographique : une base a été ouverte en Espagne en septembre, et l'entreprise envisage une implantation en Australie en 2027, avec le Japon en perspective.
Une ambition qui dépasse les frontières
Au-delà de cette expansion, Qannt travaille à adapter ses technologies aux parcs éoliens en mer. Le couple Lecocq, engagé de longue date en faveur de la biodiversité, voit dans cette aventure un moyen de montrer une autre facette de l'intelligence artificielle. "On parle souvent de l'IA de manière négative. Nous, nous utilisons cet outil d'une puissance extraordinaire pour protéger la nature. Et ça, ça rend fier !", confie Dominique Lecocq.
Cette fierté se traduit concrètement : les 97 systèmes installés contribuent à réduire les risques de collision pour les oiseaux tout en limitant les pertes de production pour les exploitants. La perspective d'une implantation en Australie en 2027 et l'adaptation aux parcs éoliens en mer ouvrent de nouvelles perspectives pour l'entreprise biterroise.