Une faille de sécurité critique a été découverte dans le logiciel de Thermo Fisher Scientific, utilisé par la plupart des laboratoires criminels américains pour analyser les preuves ADN. Cette vulnérabilité, présente depuis 1995, permettrait à des cybercriminels de modifier et falsifier des données ADN sans laisser de trace, exposant ainsi plus de 30 ans de dossiers criminels au piratage.
Une découverte alarmante
Des experts en médecine légale et en informatique ont mis au jour cette faille en utilisant un code informatique généré par un logiciel d'IA grand public. Grâce à celui-ci, ils ont pu modifier les données issues de l'analyse informatisée de preuves ADN physiques sans laisser la moindre trace. La brèche concerne le logiciel de Thermo Fisher Scientific, considéré comme une référence dans le domaine.
Selon The Wall Street Journal, cette vulnérabilité serait devenue beaucoup plus facile à exploiter aujourd'hui grâce à l'intelligence artificielle. Cependant, pour en tirer parti, un individu mal intentionné devrait avoir un accès local aux serveurs d'un laboratoire et une connaissance avancée du fonctionnement des tests ADN. Aucune preuve d'une exploitation de cette faille n'a été décelée à ce jour.
Des conséquences potentiellement graves
Le fait que des données ADN aient pu être falsifiées inquiète particulièrement, car aux États-Unis, les analyses génétiques constituent un élément central et jugé fiable des enquêtes et des poursuites judiciaires. Toute altération est donc susceptible de faire accuser un innocent ou d'innocenter un coupable.
« Ce sont des fichiers de données qui sont particulièrement sensibles au sein de la science judiciaire auxquels il manque un marquage d'inviolabilité du même niveau que pour les preuves physiques », a dénoncé Laura Gaydosh Combs, criminaliste et professeure d'université, qui a participé à cette recherche.
Une réponse des autorités
Alertée dès le mois de mai 2026 par les experts, l'entreprise Thermo Fisher Scientific a reconnu la vulnérabilité dans un bulletin de sécurité publié ce vendredi. « Nous travaillons en étroite collaboration avec l'Agence américaine de cybersécurité et des infrastructures depuis que ce problème logiciel a été signalé », a fait savoir la société.
Elle a expliqué avoir développé une mise à jour logicielle renforçant la protection qui sera appliquée dans les semaines à venir. Cette mise à jour devrait permettre de combler la faille et de sécuriser les données ADN des laboratoires criminels américains.



