En décembre 2019, le consortium néerlando-suédois Saab-Damen, spécialisé dans la construction de sous-marins, est victime d'une deuxième intrusion informatique majeure. La première avait été détectée en mars de la même année. De nombreux emails ont été consultés depuis l'extérieur, à un moment critique : l'appel d'offres pour le remplacement de quatre sous-marins des Pays-Bas, d'un montant de 5,6 milliards d'euros.
Une accusation venue de Suède
Selon le journaliste néerlandais Huib Modderkolk, auteur de l'ouvrage Vous ne voulez vraiment pas savoir cela : ce qui se cache derrière votre écran (non traduit en français), le renseignement suédois a prévenu les industriels de ces intrusions et a désigné des responsables : "Ils doivent venir de France". Cette accusation, rapportée dans son livre, a fait grand bruit dans le milieu de la défense.
Un contrat remporté par Naval Group
Quatre ans plus tard, en 2023, le groupe français Naval Group a remporté le contrat tant convoité. Ce succès commercial, d'une valeur de plusieurs milliards d'euros, a relancé les spéculations sur un éventuel lien entre les cyberattaques et l'issue de l'appel d'offres. Toutefois, aucune preuve officielle n'a été apportée à ce jour.
Un secteur sous haute surveillance
Cette affaire met en lumière les risques d'espionnage industriel qui pèsent sur les marchés de défense. Les États sont souvent accusés de recourir à des cyberattaques pour favoriser leurs champions nationaux. La France, comme d'autres pays, a toujours nié toute implication dans de telles pratiques.
Des conséquences diplomatiques
Les révélations de Huib Modderkolk ont tendu les relations entre la France et les Pays-Bas. Les autorités néerlandaises ont demandé des éclaircissements à Paris, qui a démenti toute implication. Cette affaire pourrait également avoir des répercussions sur la coopération européenne en matière de défense.



