À Draguignan, cinq membres du club senior du Duc, âgés de 64 à 74 ans, cumulent environ 12 heures de sport par semaine, même sous les fortes chaleurs estivales. Le cardiologue Philippe Garcia rappelle les bénéfices de cette pratique, mais aussi les risques liés à un effort trop intense, notamment en période de canicule.
Des sportifs de l'extrême malgré l'âge
Emmanuel, Jean-Patrick, Claude, Jean-Louis et Michelle sont les cinq piliers du club senior du Duc. Leur philosophie : « mourir dans leurs baskets plutôt qu'en fauteuil ». Michelle, 74 ans, est championne de France du 3 000 mètres et du 5 000 mètres sur piste dans sa catégorie. « Quand je m'arrête de faire du sport, je ressens vraiment un manque, comme un stress, l'impression qu'il me manque quelque chose », confie-t-elle.
Cette dépendance a un nom : la bigorexie, ou addiction au sport, explique le cardiologue dracénois Philippe Garcia. « On est un peu drogués », complète en souriant Emmanuel, entraîneur du club. Le sport rythme leur quotidien depuis plus de 40 ans, et la retraite n'a rien changé à leurs habitudes.
Les bienfaits du sport sur le cœur
Chez ces cinq coureurs, l'obsession tourne à leur avantage. Chacun est suivi par un cardiologue et profite des bénéfices de l'effort régulier. « J'avais des soucis au niveau des artères. Le médecin m'a dit de continuer le sport, et depuis, de petites veines collatérales se sont développées. Alors je ne vais pas m'arrêter ! », sourit Michelle. L'activité physique les protège des chutes, préserve leur autonomie et entretient leur forme générale.
« L'activité physique muscle le cœur et permet de récupérer plus vite après l'effort », détaille le cardiologue. Il recommande de commencer une pratique sportive dès le plus jeune âge et de la maintenir dans la durée. Après la retraite, Philippe Garcia conseille de privilégier des disciplines plus douces : marche, golf, yoga… De quoi stimuler la circulation sanguine tout en préservant la masse musculaire.
Le danger de vouloir se surpasser
Le vrai danger, selon le médecin, réside dans la tentation de dépasser ses limites. « Chez les sportifs de cet âge, le risque, c'est de vouloir sans cesse se surpasser. Un effort trop intense peut déstabiliser une plaque au niveau d'une artère cardiaque et provoquer un infarctus. » D'où la règle d'or martelée par Claude, le président du Duc : « User, ne pas abuser. »
Jean-Patrick l'a bien intégrée : « Dès qu'on sent une douleur quelque part, on s'arrête. » Pour d'autres, lever le pied est plus difficile. « Mon médecin m'a conseillé l'autre jour d'arrêter, ou au moins de ralentir… Mais j'ai toujours vécu comme ça, ce n'est pas maintenant que je vais changer. Je ne vais pas me mettre sous cloche ! », lance Emmanuel. Michelle, elle, assume sans détour : « Je préfère vivre moins longtemps et profiter de ce que j'aime faire. »
Courir malgré la canicule
Le cardiologue Philippe Garcia encourage cette passion, à deux conditions : connaître ses limites et ses facteurs de risque personnels. Une vigilance d'autant plus nécessaire par forte chaleur, période où ces limites sont atteintes plus rapidement. Un frein pour nos seniors ? Certainement pas : ils enfourchent leur vélo dès 6 h 30 ou vont courir à 8 heures du matin ou à 21 heures. Autant de stratégies pour continuer à s'entraîner sans trop souffrir de la canicule.
Au-delà des bienfaits pour la santé, c'est aussi la dimension collective qui séduit ces sportifs. Sur ce point, les cinq coureurs sont unanimes : appartenir à un club, partager des événements sportifs ensemble, voilà tout le sel de cette pratique assidue. Pour ces Avengers dracénois, Claude, l'amateur des formules bien senties, a trouvé le dicton : « Une seule règle : sportez-vous bien ! »



