Ronan O'Gara face au défi de la gestion d'effectif avant l'Ulster
Le manager du Stade Rochelais, Ronan O'Gara, se trouve confronté à un véritable casse-tête tactique et managérial à l'approche du quart de finale de Challenge Cup face à l'Ulster, ce vendredi à Belfast. Entre les nombreuses blessures qui frappent son effectif, l'ambition de se qualifier pour les demi-finales de la compétition européenne et l'espoir encore tenace d'un retour en Top 14, l'entraîneur irlandais a pris la décision de reconduire un groupe élargi, comprenant pas moins de six piliers et trois talonneurs.
Une stratégie inspirée mais contrainte par les circonstances
Ronan O'Gara le reconnaît lui-même : il n'a pas révolutionné le rugby à la manière d'un Rassie Erasmus, le célèbre sélectionneur sud-africain. Cependant, lors du dernier match à Newcastle, le 4 avril, il a aligné conjointement quatre de ses six piliers, dont deux – Alexandre Kaddouri et Aleksandre Kuntelia – en deuxième ligne, au sein d'une équipe volontairement rajeunie. Cette expérience, menée dans des conditions météorologiques exécrables, lui a pourtant laissé une piste de réflexion pour l'avenir, notamment après avoir constaté l'efficacité décisive des dernières mêlées dans la qualification pour ce quart de finale.
L'objectif principal du manager était double : « lancer les jeunes » tout en protégeant « certains joueurs pour faire un bon match contre Bordeaux », prévu le 18 avril. Car, comme il le souligne, une « autre saison commence dimanche matin » avec les joueurs restés au Macif Parc, qu'ils aient été disponibles pour le déplacement en Irlande du Nord ou non.
Le difficile équilibre entre les compétitions
La victoire obtenue face au dernier de la Premiership anglaise n'a pas transformé la Challenge Cup en priorité absolue, au détriment d'un Top 14 qui, selon O'Gara, « n'est pas encore mort et enterré ». Cette situation crée un certain strabisme stratégique, où il devient crucial de trouver le juste équilibre entre savoir quels joueurs aligner et lesquels préserver pour les enjeux à venir.
La tâche est rendue d'autant plus complexe par un contexte de blessures que le manager qualifie d'« infernal ». « Tout est décidé par ça », rappelle « ROG », qui doit composer avec l'absence de quatre deuxièmes lignes de métier – Dillane, Douglas, Kante Samba et Skelton – et aligne donc neuf joueurs de première ligne en Irlande du Nord.
Une opportunité pour les jeunes et une analogie avec Erasmus
Malgré les difficultés, O'Gara voit dans cette période contraignante une opportunité pour l'avenir, mais aussi pour le présent. « Cette période va nous aider à l'avenir, mais aussi pour le présent parce que Kaddouri et 'Sandro' Kuntelia sont des bons joueurs », explique-t-il. Et d'ajouter : « j'aime avoir les bons joueurs sur le terrain ».
C'est précisément à ce stade que l'analogie avec Rassie Erasmus prend tout son sens. « S'ils continuent de gagner des pénalités à chaque mêlée, comment peut-on les laisser hors groupe ? C'est un exemple concret de ce que fait Rassie Erasmus : montrer ses forces. Ils ont montré leur force », analyse le manager rochelais. Cependant, transposer cette force et cette stratégie face aux Nord-Irlandais de l'Ulster, troisièmes du United Rugby Championship, constituera un défi d'une toute autre ampleur.
Le match de ce vendredi soir à Belfast, qui se déroulera probablement sous une pluie et un vent similaires à ceux de Newcastle, s'annonce donc comme un véritable test pour la gestion d'effectif de Ronan O'Gara et la capacité de son groupe élargi à se montrer décisif dans la quête d'une qualification en demi-finale de Challenge Cup.



