Le parquet de Bordeaux a confirmé l'ouverture d'une enquête en flagrance pour déterminer les circonstances exactes de l'incendie qui a ravagé le secteur de Landiras, en Gironde, dimanche 2 août 2026. Les investigations portent notamment sur la gestion des premières heures du sinistre, période durant laquelle les flammes ont parcouru une distance exceptionnelle avant que les secours ne parviennent à maîtriser le front.
Selon le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Gironde, le premier appel a été reçu à 16 h 23. Les premières unités sont arrivées sur place à 16 h 54, soit 31 minutes plus tard. Malgré cette mobilisation rapide, le vent de terre, soufflant à plus de 60 km/h, a provoqué une propagation foudroyante. À 20 heures, le feu s'étendait déjà sur plus de 700 hectares. Ce chiffre a été confirmé par la préfecture, qui évoque un sinistre hors normes.
Des critiques sur la mobilisation des moyens aériens
Des riverains, regroupés en collectif, dénoncent un délai de mise en œuvre des Canadair jugé trop long. « Nous avons vu les colonnes de fumée dès le milieu de l'après-midi, mais les premiers avions ne sont apparus qu'en début de soirée », témoigne Marc Dupont, un habitant de Saint-Symphorien. Le SDIS rétorque que les conditions climatiques rendaient les largages dangereux avant la tombée du jour, et que la priorité était à la protection des habitations.
Le préfet de la Gironde, Étienne Guyot, a appelé à la prudence : « La configuration du feu, associée à une sécheresse extrême des sols, a créé un phénomène d'une rapidité inédite. Toutes les hypothèses sont examinées pour améliorer nos dispositifs. » Il a néanmoins souligné que les premières reconnaissances aériennes avaient été effectuées dès 17 heures, mais sans largage, en raison de la présence de lignes électriques à haute tension.
Une enquête pour déterminer la chaîne de commandement
Les enquêteurs de la gendarmerie cherchent à établir si les retards éventuels ont eu un impact direct sur l'étendue du sinistre. Ils examinent notamment les échanges radio entre le centre de traitement des alertes et le CODIS de Bordeaux. Selon une source proche du dossier, un défaut de transmission des informations sur la vitesse de propagation du feu est au cœur des auditions.
Le SDIS de la Gironde a annoncé, lundi, le recours à un cabinet indépendant pour évaluer en interne les délais de réponse. « Nous voulons que toute la lumière soit faite, sans préjuger des conclusions de la justice », a déclaré le colonel Philippe Abadie, commandant du groupement sud-est. Les résultats de cette audit devraient être rendus publics dans trois semaines.
Vers un renforcement des moyens préventifs
Cet incendie, le plus important de l'année 2026 dans le département, relance le débat sur l'équipement des services incendie en zones boisées. La préfecture a rappelé que 6 millions d'euros seront investis dans l'achat de deux nouveaux camions-citernes spéciaux et d'un drone de surveillance thermique. Des mesures qui ne pallient pas, selon les associations de protection environnementale, le manque d'entretien des forêts.
Alors que les secours continuent de surveiller les points chauds, le collectif de riverains a déposé une pétition auprès du procureur pour demander une expertise indépendante sur les pertes écologiques. Les investigations devront déterminer si une négligence a été commise dans la gestion de la première heure, un moment souvent décisif dans la lutte contre les feux de forêt.



