La Rochelle face à la fatalité : les jeunes joueurs portent l'espoir malgré la défaite
La Rochelle : les jeunes joueurs portent l'espoir malgré la défaite

La Rochelle face à la fatalité : les jeunes joueurs portent l'espoir malgré la défaite

Sans état d’âme, la dizaine de joueurs de moins de 23 ans alignée face à Montpellier (33-43) ce samedi n’a pas à rougir. C’est bien avec eux que La Rochelle, gros club cherchant à retrouver une grosse équipe, doit composer la suite. Les paroles de Jean-Jacques Goldman, diffusées avant le match à Marcel-Deflandre, semblaient prémonitoires : « Envole-moi, loin de cette fatalité qui colle à ma peau […] remplis ma tête d’autres horizons. » Trois heures plus tard, ces mots collaient parfaitement aux images des supporteurs saluant avec amour les Maritimes, malgré une cinquième défaite de rang, dont trois à domicile.

Une liste de blessés qui s'allonge

La fatalité, c’est la liste toujours plus longue des blessés, même si ce n’est pas lié qu’à la malchance. Comme Nolhann Couillaud avec les U20 le 7 février, Judicaël Cancoriet a été touché aux ischios le vendredi. Puis les piliers gauche Louis Keziah Penverne (épaule droite) et Joel Sclavi (dos ou cervicales) ont quitté le terrain pendant le match. Le programme, avec un seul match à Castres le 28 février d’ici au 21 mars et la réception de Pau, permettra-t-il d’enfin changer la donne ?

Un investissement fluctuant et des défis comptables

La Rochelle, seconde masse salariale du Top 14 mais 11e, n’a pas un effectif en corrélation avec ses performances. C’était déjà le cas en août, au regard de ses résultats en 2024-2026, c’est encore plus vrai avec ses 37 points. « Il y a un groupe dont la moitié est blessée, on est loin d’avoir la capacité de faire une performance à Castres parce que pour avoir de la concurrence, on a besoin d’être 15 contre 15… », regrette ainsi Ronan O’Gara, qui avait pourtant promis « un grand match » deux jours avant.

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Concernant les « autres horizons », l’accès direct en Pro D2 est hors de portée, Montauban étant 30 longueurs derrière. Une chance au regard de ce qu’avait proposé Vannes jusqu’en juin. Reste le niveau actuel des candidats à la montée, parmi lesquels ces mêmes Bretons. La 13e place de Perpignan, synonyme de barrage, est à 23 unités. Comptablement, l’écart est beaucoup plus grand qu’avec le Racing 92, 6e avec 45 points ; ce n’est pas le cas sur le terrain tant la qualification est illusoire. « On ne peut pas l’accepter. Je ne peux pas l’accepter. Après, il faut aussi être lucide sur certains points », tonne Nolann Le Garrec, notamment parti de chez les Ciel et Blanc pour gagner des titres.

La reconstruction évoquée par les leaders

Débarrassé à son corps défendant de cette pression, Le Stade doit mettre les quatre mois à venir à profit. Le seul panorama qui se dégage, c’est la reconstruction évoquée par Grégory Alldritt. Capitaine rompu à l’exercice médiatique, il a lâché deux phrases à lire attentivement : « Ce que j’ai dit aux mecs, c’est que si c’était facile d’être dans un vestiaire, il y aurait tout le monde » ; « ceux qui restent dans ce vestiaire, ce sont ceux qui ne lâchent pas ». À ajouter à ce qu’avait dit Ronan O’Gara le jeudi sur le travail fait sur la passe à l’entraînement – « on a un peu arrêté parce que c’est ennuyeux… vous imaginez ? » De quoi douter de l’investissement total de tous dans la foulée des titres européens.

Un renouveau qui ne peut être cosmétique

Le renouveau ne pourra donc se cantonner à des retouches cosmétiques, en particulier cet été. Avec l’arrêt de Uini Atonio, les départs de Reda Wardi et Judicaël Cancoriet et les fins de contrat de Sclavi, Tolu Latu, Kane Douglas, Ultan Dillane, Ihaia West, Suliasi Vunivalu, le groupe va, lui, évoluer. Gros club cherchant à retrouver une grosse équipe, le Stade Rochelais peut déjà se concentrer sur la vigueur de jeunes sans état d’âme.

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Il n’y avait qu’à voir le visage illuminé du centre Paco Scheibel, 18 ans et hors groupe pour la première fois samedi, à l’arrivée à Deflandre pour s’en convaincre. « Il y avait une dizaine de joueurs sur le terrain qui ont 23 ans ou moins, recense Le Garrec. Malgré tout ce que j’entends sur l’équipe vieillissante, beaucoup de jeunes prennent de l’expérience. Bien sûr, les résultats ne sont pas là mais je pense qu’on développe beaucoup de choses, aussi. » C’est le seul point positif, cet hiver.

L'optimisme malgré la tempête

Quand Ronan O’Gara glisse « c’est inspirant pour moi cette période, je vais devenir un meilleur entraîneur dans la tempête », on y voit un parallèle pour les benjamins de l’effectif. Le manager abonde : « On a besoin de donner des expériences aux joueurs même si les conditions ne sont pas idéales, parce que la meilleure expérience pour un mec à Deflandre, c’est de gagner, gagner, gagner. Ce que j’apprécie, c’est qu’ils n’ont pas baissé les bras, ils ont essayé. » Ce sera encore le cas ces jours-ci. « On a une semaine importante parce qu’on a besoin de s’entraîner, conclut ‘’ROG’’. On n’est pas à notre niveau. » Ce n’est ni une fatalité, ni un horizon acceptable.

L’œil de Joan Caudullo l’a rappelé, quand il est devenu manager de Montpellier, en 2023, celui-ci sortait d’une 13e place et d’un barrage. « On essaie d’avoir de la stabilité et sur ça, La Rochelle est un exemple pour nous malgré le court terme qui n’est pas bon aujourd’hui pour elle. C’est un club très intéressant sur le moyen terme, a souligné l’ancien directeur du centre de formation du MHR. Avec tout ce qui est mis en place, il sera de nouveau dans les premiers dans quelques temps. Ce qui est intéressant dans son projet, c’est que j’ai trouvé très bons les jeunes qui ont joué aujourd’hui. »