Publicité « Calcul grotesque », « aussi crédible que la célèbre sardine qui aurait bouché le port de Marseille »… La réponse cinglante d’Éric Ciotti à Renaud Muselier
Alors que le président de la Région a adressé ce samedi un courrier faisant l’addition des conséquences de la perte du pôle glace des JO 2030, entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros selon Renaud Muselier, la réponse du maire de Nice n’a pas tardé. En retour, Éric Ciotti a qualifié ces estimations de « grotesques » et les a comparées à la célèbre sardine qui aurait bouché le port de Marseille.
Une réponse cinglante
Dans une lettre adressée au maire de Nice ce samedi 30 mai, Renaud Muselier faisait les comptes. Une addition que conteste Éric Ciotti. Sans surprise, les deux élus se renvoient la responsabilité de cet échec. Pour le Phocéen, c’est l’obstination du maire de Nice à ne pas vouloir priver de stade son « ami » et « ancien colistier » Jean-Pierre Rivère, le président du Gym, qui en est la cause. Pour Éric Ciotti, c’est à cause de son « entêtement » que Renaud Muselier « après des années de préparation, vous aurez réussi l’exploit de priver la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur de la moindre épreuve olympique de glace ».
« Dogmatique » et « incompréhensible »
Pourtant, des « propositions alternatives » ont été soumises par la Ville de Nice. Des scénarios qualifiés de « crédibles, financés et techniquement consolidés », par son maire. Mais le président de la Région a, selon lui, « refusé d’envisager toute autre solution que l’immobilisation pendant une saison entière de l’Allianz Riviera ». Une « position dogmatique, incompréhensible et totalement déconnectée des réalités a conduit à l’impasse que nous connaissons aujourd’hui », déplore Éric Ciotti. « Cette défaite est la vôtre. Elle est le résultat de vos choix, de votre entêtement et de votre incapacité à adapter votre position lorsque cela était encore possible », martèle le Niçois qui n’hésite pas à commenter avec ironie le départ annoncé de Renaud Muselier de la présidence de la Région pour briguer un siège au Sénat.
« La marque de M. Estrosi »
Cette « réécriture de l’histoire » est avant tout comptable pour Éric Ciotti qui conteste le colossal manque à gagner financier induit par la perte des sites olympiques de la capitale azuréenne. « Prétendre que Nice et notre territoire perdraient jusqu’à 1,1 milliard d’euros relève du calcul grotesque. Cette démonstration est à peu près aussi crédible que la célèbre sardine qui aurait bouché le port de Marseille. » Selon le nouveau maire de Nice, « personne n’a jamais pris ces estimations au sérieux » qui estime qu’elles « souffrent du même handicap que [la] crédibilité politique » de celui qui les porte. Éric Ciotti croit même savoir « d’où elles viennent » : « Elles portent la marque de M. Estrosi, dont nous connaissons à Nice l’expertise toute particulière en matière de dette, de dépenses publiques et de frais de représentation. »
« Près de 100 millions d’euros de dépenses pour la Ville de Nice et la Métropole »
Le premier magistrat niçois rappelle au passage au président de la Région Sud que cet argent public qu’il « évoque avec tant de légèreté » appartient « aux contribuables ». Et pour ceux de la cinquième ville de France, « Le projet olympique » défendu par Renaud Muselier « impliquait à lui seul près de 100 millions d’euros de dépenses pour la Ville de Nice et la Métropole, et près de 150 millions d’euros en y intégrant la participation du Département ». Le maire estime donc qu’il était de sa « responsabilité de refuser qu’une telle charge financière soit imposée aux contribuables pour un projet dont les conditions devenaient chaque jour plus incertaines ». Éric Ciotti rappelle au contraire qu’il a fait « le choix, dès le début du mandat que les Niçois [lui] ont confié, de réduire les dépenses publiques et les impôts ainsi que de restaurer des marges de manœuvre pour notre territoire ». « Une vision, il en convient et même le revendique, radicalement opposée à celle que vous avez défendue avec votre complice niçois, en ayant de cesse d’alourdir les charges pesant sur notre économie locale et les impôts, notamment à travers l’augmentation du versement mobilité qui pèse sur les entreprises », assène-t-il en conclusion dans sa réponse à Renaud Muselier.



