L'ambiance a changé à Marcoussis après la défaite écossaise
La légèreté qui caractérisait Patrick Arlettaz la semaine dernière avant le match contre l'Écosse a totalement disparu, emportant avec elle les espoirs de Grand Chelem dans ce Tournoi des Six Nations 2026. Face aux journalistes, l'entraîneur de l'attaque du XV de France avait alors usé de second degré, affirmant que le staff choisissait les centres titulaires « au pif » et qu'Antoine Dupont servait « à que dalle » dans l'animation offensive. Rien de tel ce mercredi, lors de la première prise de parole à Marcoussis depuis la déconvenue de Murrayfield.
Un débriefing salé mais nécessaire
William Servat, le coach des avants désigné pour s'exprimer cette fois-ci, a adopté un ton beaucoup plus sérieux, la claque reçue en Écosse étant encore bien présente dans tous les esprits. « On a failli, et cette défaite nous a touchés », a reconnu l'ancien talonneur. « Il faut rapidement se remettre en route. On est passé à côté, ça arrive, c'est le sport. L'Écosse a tout à fait mérité sa victoire. On a analysé en ce début de semaine tout ce qui n'a pas été, pour remettre notre équipe en ordre de marche. »
Le débriefing a été intense mais finalement assez simple selon les joueurs, car aucun secteur particulier n'a été épargné par la critique. « Il nous a manqué de tout », a résumé le centre Pierre-Louis Barassi, qui a succédé à Servat au micro. « Collectivement, on a été en dessous, dans l'engagement, la précision. À ce niveau-là, c'est impossible de rivaliser. »
Une préparation peut-être trop confortable
François Cros avait suggéré à chaud que les Bleus s'étaient peut-être vus un peu trop beaux avant la rencontre. Une théorie que William Servat n'a réfutée qu'à moitié : « Je ne dirais pas ça, mais peut-être que nous, le staff, on a préparé ce match de manière trop confortable. Je n'ai pas eu ce sentiment sur le moment, mais peut-être. »
Malgré la défaite, les Français ont tout de même réussi à sauver in extremis le point du bonus offensif, conservant ainsi leur première place au classement. Cette position les place idéalement pour remporter le Tournoi pour la deuxième année consécutive, un exploit qui ne s'est pas produit depuis vingt ans. Un objectif qui dépasse largement la simple consolation, surtout lorsque le dernier adversaire à affronter se nomme l'Angleterre.
Les Bleus préparent déjà le choc contre l'Angleterre
« Battre des Anglais, c'est toujours un plaisir », a rappelé le colosse Emmanuel Meafou en conférence de presse, résumant l'état d'esprit qui anime le groupe. Nos meilleurs ennemis traversent une période difficile dans ce Tournoi, avec déjà trois défaites dont la dernière, vécue comme une humiliation face à l'Italie. Raison de plus pour rester vigilants selon Pierre-Louis Barassi.
« Les Anglais vont jouer leur va-tout, ils vont vouloir finir de la meilleure des manières en nous empêchant de gagner le Tournoi », a projeté le Toulousain, annoncé titulaire samedi aux côtés de Yoram Moefana.
Plusieurs changements tactiques attendus
Trois modifications devraient intervenir dans l'équipe de départ par rapport à la composition alignée à Édimbourg, selon les observations faites à l'entraînement ce mercredi :
- Charles Ollivon, utilisé en deuxième ligne ces dernières semaines, devrait retrouver la troisième ligne pour compenser la probable suspension d'Oscar Jegou
- Mickaël Guillard devrait sortir du XV de départ
- La deuxième ligne serait totalement recomposée avec le duo Thibaud Flament - Emmanuel Meafou, comme lors de la victoire contre l'Italie
Pour le reste, la stabilité devrait prévaloir avec notamment Antoine Dupont et Matthieu Jalibert à nouveau associés en charnière. Fabien Galthié compte visiblement sur l'esprit de revanche de ses hommes pour conclure en beauté devant le public du Stade de France. La douche écossaise restera dans un coin des mémoires, mais la perspective d'affronter l'Angleterre semble déjà avoir redonné de la motivation au groupe tricolore.



