L'UEFA a retiré sa confiance à Gianni Infantino et appelle à son départ de la présidence de la FIFA, malgré le revirement du dirigeant sur un dossier majeur. La défiance est désormais consommée.
Une rupture consommée lors d'un comité exécutif
Réunis en urgence à Nyon, les membres du comité exécutif de l'UEFA ont voté une motion de défiance à l'encontre du président de la FIFA. Ce vote, rapporté par Le Monde, intervient après des mois de tensions croissantes entre la première confédération continentale et l'instance mondiale du football.
Les dirigeants européens reprochent à Gianni Infantino sa gouvernance chaotique, sa propension à prendre des décisions unilatérales et son manque de considération pour les spécificités du football européen. La goutte d'eau a été son volte-face sur un dossier sensible, dont la nature exacte n'a pas été précisée, mais qui intervient après plusieurs années de confrontations.
Les antécédents d'une relation conflictuelle
Depuis son élection à la tête de la FIFA en 2016, Gianni Infantino entretient des relations orageuses avec l'UEFA. Le projet de Coupe du monde biennale, porté avec insistance par le dirigeant italo-suisse, avait particulièrement irrité les Européens. Malgré son abandon en 2022, la méfiance est restée.
Plus récemment, la gestion des droits télévisés, la répartition des recettes de la Coupe du monde des clubs et les tentatives d'ingérence dans les compétitions européennes ont alimenté le ressentiment. L'UEFA, qui regroupe 55 fédérations, estime que son poids dans les instances mondiales n'est pas à la hauteur de sa contribution financière.
Selon des sources proches du comité exécutif, plusieurs dirigeants ont dénoncé une « dérive autocratique » au sein de la FIFA, citant en exemple la multiplication des récompenses versées aux fédérations alliées ou encore l'opacité entourant certaines décisions.
Un volte-face jugé inutile
Le récent revirement de Gianni Infantino, présenté comme une main tendue aux Européens, n'a pas eu l'effet escompté. Pour les dirigeants de l'UEFA, il ne s'agit que d'une manœuvre tactique destinée à sauver un pouvoir vacillant. Plusieurs dirigeants européens ont jugé que cette décision n'était qu'une tactique pour gagner du temps.
Cette défiance est aggravée par le sentiment que le président de la FIFA ne se soucie que de son propre maintien à la tête de l'organisation. Les initiatives récentes, comme la création d'un fonds de solidarité ou la promotion du football dans les pays émergents, sont perçues comme des outils de séduction plutôt que comme une vision stratégique.
Les conséquences pour le football mondial
Cette rupture entre l'UEFA et la FIFA arrive à un moment critique. La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, approche. Les éliminatoires sont déjà en cours, et une crise ouverte pourrait perturber la préparation des équipes européennes.
Sur le plan politique, l'UEFA pourrait tenter de rallier d'autres confédérations à sa cause. L'Asie, l'Afrique ou l'Amérique latine ont parfois des griefs similaires à faire valoir contre la direction de la FIFA. Cependant, la manne financière distribuée par Infantino aux petites fédérations pourrait jouer en sa faveur.
Les observateurs estiment que cette motion de défiance, bien que symbolique, marque un tournant. Si l'UEFA reste isolée, elle pourrait perdre de son influence. En revanche, si elle parvient à fédérer un bloc d'opposition, elle pourrait préparer le terrain pour une alternance lors du prochain congrès de la FIFA, prévu en 2027.
Quel avenir pour Gianni Infantino ?
Pour l'heure, Gianni Infantino ne semble pas menacé immédiatement. Sa présidence court jusqu'à 2027, et aucun mécanisme de destitution n'existe dans les statuts de la FIFA. La motion de l'UEFA est une pression politique, pas une procédure juridique.
Toutefois, le football européen, fort de son poids économique et de son palmarès sportif, reste un acteur incontournable. Sans l'UEFA, aucune réforme majeure du football mondial n'est envisageable. Cette crise pourrait donc contraindre la FIFA à revoir ses méthodes de gouvernance, ou à assumer une confrontation historique.
En attendant, les regards se tournent vers le prochain congrès de la FIFA. Les candidats potentiels à la succession d'Infantino commencent à se positionner, espérant capitaliser sur cette défiance. Le monde du football retient son souffle.



