UBB : doublé européen, une fierté régionale et nationale
UBB : doublé européen, fierté régionale et nationale

Si vraiment le sport vous laisse froid, le rugby en particulier, nous vous libérons tout de suite pour tourner la page et aller déguster en paix les articles passionnants dont regorge votre quotidien préféré. Mais avant de passer à autre chose, avouez quand même : ça fait du bien, en cette saison, cette petite pause fraîcheur dans ce monde de brutes ? Et quand on emploie ce terme, on ne le fait pas pour le seul plaisir de citer Oscar Wilde, l’immense romancier né à Dublin et éduqué au Trinity College, façon de l’inciter à se retourner dans sa tombe après la cinquième défaite en finale de son Leinster natal. Mais bien pour rappeler sa célèbre sentence de la fin du XIXe siècle : « Le rugby est un sport de barbares joué par des gentlemen. » Bien dit, Oscar.

« On a ce privilège de pouvoir faire sourire les gens. » C’est sobre, juste, humblement amené et ce n’est pas d’Oscar Wilde, mais bien de Matthieu Jalibert, lâché au débotté sur la pelouse de la cathédrale de San Mamès, avant même la remise du deuxième trophée européen consécutif aux mains de cette emballante équipe de l’Union Bordeaux-Bègles. Bien dit, Matthieu. Parce qu’avant la folle nuit des supporteurs dans les rues de Bilbao, le retour triomphal à Bordeaux et le défilé de ce dimanche, du Grand théâtre à la mairie, pour finir par un énième « no hay billete » dans l’antre de Chaban-Delmas, on n’a vu que cela : des sourires, des rires, des gens heureux. Au XXIe siècle, par les temps caniculaires qui courent, il serait indécent de bouder ce plaisir-là.

Comme il est rare de célébrer six années consécutives de triomphe français, puisque le doublé de l’UBB vient, avec Toulousains et Rochelais, abonder cette fierté nationale, doublée d’une grosse fierté régionale. En attendant le triplé des héros de ce week-end déjà estival ? À choisir, on sait déjà quel trophée cet épatant collectif préférerait conquérir, avant même 2027. On l’appelle Brennus et c’est l’obsession de leur président. On a déjà écrit, ici même, il y a un an, à un jour près, combien ces étoiles brodées sur le maillot de l’UBB doivent d’abord à un homme, Laurent Marti, président bâtisseur, investisseur et avant tout investi. À son manager gersois Yannick Bru aussi, façonné par les valeurs de sa terre natale et du Stade Toulousain. Au passage, lui prédit un destin de futur « ministre des sports » à son inarrêtable star Louis Bielle-Biarrey, quand d’autres collent au capitaine Maxime Lucu l’étiquette de « meilleur numéro 9 du monde » (on rajoute : de « plus chic type de la même planète »). Au pays d’Antoine Dupont, ça pèse.

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Tout cela pour dire que ce titre, cette équipe, ce club, n’ont rien d’une étoile filante. Sous un tel soleil, voir deux étoiles briller aussi intensément est rare. Alors, autant profiter du spectacle.

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