Fisc : un ex-chef du service des investigations élargies dénonce des "affabulations" d'un Gardois
Ex-chef du Fisc : "affabulations" d'un Gardois

Jean-Patrick Martini, ex-chef du service des investigations élargies du Fisc français, a contacté Midi Libre pour répondre aux déclarations de Christian Gibelin-Boyer, un octogénaire gardois qui affirme avoir été spolié d'une fortune de 130 milliards de dollars. Il qualifie ces déclarations d'"affabulations de bonimenteur de foire".

Christian Gibelin-Boyer, retraité de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard), avait déclaré dans Midi Libre le 19 avril dernier détenir des comptes représentant 130 milliards de dollars dans les années 2000, issus du supposé Trésor de Yamashita, 12 000 tonnes d'or stockées par l'armée impériale japonaise dans des grottes et tunnels philippins pendant la Seconde Guerre mondiale. Il affirmait avoir été mandaté par la femme et le fils d'un colonel philippin, qui auraient servi de prête-noms pour la CIA, laquelle aurait détourné les lingots. Le Gardois dit avoir versé "aux alentours de 250 000 dollars" aux deux Philippins, et après leur mort, il a cherché à récupérer le pactole.

Une conversation enregistrée au cœur du litige

Christian Gibelin-Boyer expliquait avoir été en lien avec la Direction générale des finances publiques via son service des investigations élargies en 2014 et 2015. Il affirmait que le chef de ce service, Jean-Patrick Martini, lui aurait assuré après enquête que son compte était "authentifié", sur la foi d'informations émanant "des autorités britanniques qui ne peuvent pas nous raconter de conneries". Midi Libre avait eu accès à l'enregistrement de leur conversation. Le ministère de l'Économie et des Finances s'était refusé à tout commentaire.

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Jean-Patrick Martini, désormais à la retraite, donne sa version : "Tout ce qu'il a raconté sur le suivi des procédures et sur le fait de prendre des documents et de ne pas les restituer est faux." Il affirme que les documents originaux remis par le Gardois dans les locaux du Trésor public de Ganges ont été restitués, contrairement à ce que soutient Christian Gibelin-Boyer, qui certifie ne jamais les avoir récupérés.

Le bénéfice du doute, pas une authentification

Sur la promesse d'une pension mensuelle et de la Légion d'honneur, Jean-Patrick Martini précise : "J'ai simplement pu lui indiquer que si ses allégations étaient avérées, il pourrait éventuellement être proposé pour une décoration. Nous ne disposons d'aucun pouvoir pour attribuer d'office des décorations ou décider du versement d'une pension mensuelle." Quant au fond, il ajoute : "Nous ne lui avons accordé que le bénéfice du doute. Les enquêtes minutieuses et approfondies menées par la suite ont démontré que l'ensemble de ses déclarations relevait d'affabulations de bonimenteur de foire."

Jean-Patrick Martini soutient que l'échange téléphonique enregistré par Christian Gibelin-Boyer serait antérieur à de nouvelles vérifications : "Il est totalement faux de dire que nous lui aurions confirmé l'authenticité de ces comptes. Pour lancer des vérifications sérieuses, il nous fallait des éléments précis, il nous a fourni des numéros de comptes qui paraissaient crédibles, sans plus. Il nous était techniquement et logiquement impossible d'en affirmer l'authenticité avant la réalisation des enquêtes subséquentes. Je tiens à préciser que les enregistrements ont été réalisés à notre insu, sans aucune autorisation, et ont très probablement fait l'objet de montages ou d'arrangements."

Cette affaire met en lumière les difficultés de vérification des déclarations de fortune, notamment lorsqu'elles impliquent des montants colossaux et des récits rocambolesques. Les autorités fiscales, tout en restant ouvertes aux signalements, insistent sur la nécessité de procédures rigoureuses avant toute reconnaissance de créance. Pour Christian Gibelin-Boyer, la bataille juridique se poursuit, mais les déclarations de l'ancien chef du service des investigations élargies jettent un doute sérieux sur la réalité de sa prétendue fortune.

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