La tour du Castellas, érigée en 1741 sur la bande de sable entre Sète et Marseillan, est au centre d'une légende locale : deux adolescents y auraient découvert un trésor de doublons d'or, gardé par des squelettes. Cette histoire, rapportée par l'auteur Michel Bonnaventure dans son livre Contes et légendes de l'étang de Thau, fait écho à un épisode réel survenu en 1747, lorsque des soldats disparurent mystérieusement de la tour.
Un trésor légendaire découvert par des adolescents
Selon Michel Bonnaventure, au début du siècle dernier, deux adolescents en vacances dans la lagune se sont aventurés dans la tour du Castellas, située sur la plage entre Sète et Marseillan. En passant par une trappe sous le plancher, ils ont trouvé une caisse remplie de doublons d'or. Mais la précieuse trouvaille était gardée par des squelettes, qui semblaient avoir eu des envies de richesses avant de rester bloqués. L'écrivain conclut, à la manière de La Fontaine, que « bien mal acquis ne profite jamais ».
La disparition des soldats en 1747
La véracité du récit reste hypothétique, mais l'histoire de la tour du Castellas comporte un épisode qui y fait écho. En 1747, alors que la fortification servait aux militaires pour protéger le littoral, un sergent chargé de la relève de la garde vint visiter les matelots et soldats censés y monter la garde. Ces derniers, qui n'avaient plus donné signe de vie, sont peut-être les propriétaires des mystérieux ossements retrouvés deux siècles plus tard.
Un rôle crucial dans la surveillance côtière
À cette époque, la surveillance depuis cette redoute était primordiale. La tour du Castellas a été érigée en 1741 pour se prémunir d'une attaque maritime. Selon un document de l'époque, cité par l'historien Alain Degage : « La distance qu'il y a de Agde à Cette est trop grande pour que les signaux puissent facilement se découvrir ; il est nécessaire d'établir un signal entre ces deux villes vers le poste du Castellas qui se trouve à peu près au milieu de cette distance ». Les gardiens de cette tour carrée, ou plutôt « quarrée » en français ancien, avaient pour ordre d'allumer des feux pour prévenir l'arrivée de bâtiments ennemis en mer. Les feux étaient interdits sur les plages pour éviter toute méprise. Une fois la fumée visible par la cité voisine, Sète ou Agde, la batterie locale tirait alors trois coups de canon pour avertir les troupes et les officiers.
L'occupation anglaise de 1710 à l'origine de la fortification
Parmi les nombreuses attaques qu'a connues la côte languedocienne, c'est l'invasion des Anglais en 1710 qui a poussé à fortifier la défense du rivage. C'était un 25 juillet, alors que la guerre entre les forces de Louis XIV et celles des Britanniques battait son plein en Espagne. Des milliers de soldats débarquèrent de trois navires de guerre à l'est de Sète. Assiégée, la ville tomba en quelques heures. L'occupation dura jusqu'à l'arrivée des troupes des ducs de Noailles et de Roquelaure quatre jours plus tard. Sans cette attaque, ni la tour du Castellas, ni le fort Saint-Pierre, l'actuel théâtre de la Mer, n'auraient vu le jour. Cette légende, racontée dans le livre Contes et légendes du bassin de Thau de Michel Bonnaventure, publié aux éditions Espace Sud, illustre la richesse des mythes du bassin de Thau.



