Opposé à Lyon pour la dernière journée de Top 14, ce samedi 6 juin (21h), le Montpellier Hérault Rugby va enchaîner son douzième match d’affilée. La gestion des organismes est une priorité pour le staff, encore plus à l’orée des phases finales.
Un défi physique de taille
On connaît Les Douze Travaux d’Hercule. À Montpellier, il a été revisité en "Les Douze Matches Consécutifs de Top 14", avec Benjamin Del Moral en auteur principal. Le Monsieur Préparation physique du MHR, en collaboration étroite avec l’ensemble du staff, a eu un sacré boulot à fournir pour que le groupe professionnel puisse enchaîner les performances sans que les joueurs explosent en plein vol dans le money-time de la saison. Samedi, contre Lyon, les Montpelliérains vont enchaîner un douzième match, le dernier de la saison régulière. L’objectif est d’éviter d’en avoir un treizième à gérer le week-end prochain, les organismes ayant déjà été mis à rude épreuve, en se qualifiant directement pour les demi-finales sans passer par la case barrage.
"Pour nous, Lyon est un quart de finale. Il faut qu’on arrive à imposer ce qu’on veut mettre en place pour s’offrir une semaine libre la semaine prochaine", assure le manager, Joan Caudullo.
Mais malgré cette série de matches harassante physiquement, "les joueurs se sentent bien", assure Del Moral. "Dans une dynamique de victoires, c’est plus facile de ne pas ressentir la fatigue", souligne-t-il, avec le sourire.
Une gestion minutieuse en amont
Cette bonne forme est aussi le fruit d’un travail de gestion rondement mené, ciblé et organisé en amont. "Jo (Caudullo, manager) m’avait dit qu’il allait resserrer le groupe à partir de Castres (mi-mai). À partir de là, je lui ai demandé que le noyau dur du groupe ait entre quatre jours et une semaine de vacances", explique Benjamin Del Moral, arrivé en 2021 dans l’Hérault. Ce qui explique les turnovers réguliers au cours du mois de mai. Une fois le planning de chacun ajusté, il y a ensuite la méthode pour garder le maximum de fraîcheur tout en maintenant les corps en alerte et éviter une décompression.
"Depuis le début de ce gros bloc de douze matches, on n’a pas fait de semaine de décharge complète. On a toujours gardé de l’intensité. Et les mecs ne s’en sont jamais plaints. La preuve, on ne sent pas les mecs fatigués. Cette semaine, malgré l’intensité du match contre Pau, certains ont battu leur record sur des mouvements d’haltérophilie simple. Ça prouve que les mecs sont bien", poursuit cet ancien demi de mêlée passé par le Paris Université Club, qui a aussi apprécié l’attitude responsable des joueurs après la victoire en Challenge, aucun n’ayant abusé de la boisson.
Un suivi individualisé
Ce fonctionnement s’accompagne, évidemment, d’une gestion des garçons au cas par cas. "Arthur Vincent, qui a couru huit kilomètres contre la Section, un kilomètre de plus que d’habitude, a vu ses journées adaptées. Avec Patrick Chassaing et Robin Panisset (les deux autres préparateurs physiques), qui ont une grosse expérience, on échange en permanence sur l’état de forme des mecs et on adapte les charges de travail pour certains." Sur la fin du bloc, l’intensité est restée mais le volume du travail a légèrement baissé, "entre 5 et 10 %". Traduction : des séances plus courtes mais tout aussi intenses.
Le souhait de tout le monde, désormais, est de viser la qualification directe pour les demi-finales. "Si on veut que les planètes s’alignent vraiment, il faudrait éviter de jouer le week-end prochain. On ferait une vraie semaine de décharge basée sur la gestion des corps", promet "Benji", déjà présent et artisan du titre de champion de France en 2022, lui qui l’avait aussi gagné en 2007 avec le Stade Français de Fabien Galthié.
Des joueurs hors normes
Pour en arriver là, il faudra passer l’obstacle lyonnais, ce samedi. Benjamin Del Moral, le patron de la préparation physique au MHR, n’a pas caché être bluffé par les aptitudes de certains. "Tom Banks, je suis admiratif. Il enchaîne, il met autant d’intensité dans les entraînements que dans les matches. Il est incroyable. Lui, on ne l’adapte jamais", assure Del Moral. Contre Lyon, samedi, l’arrière australien de 31 ans va jouer son 27e match de la saison. Il en a joué 25 sans sortir une seule minute. Le numéro huit anglais, Billy Vunipola (33 ans), impressionne aussi le staff montpelliérain. "C’est celui qui est le plus professionnel. Je pense qu’on a la meilleure version de son professionnalisme parce qu’il sait que, s’il veut durer, il doit faire attention. Il s’investit autant sur le terrain qu’en muscu, il est impressionnant", reconnaît encore Del Moral.



