Mbappé fait taire les critiques, Infantino en jet privé : le bulletin du Mondial
Mbappé répond sur le terrain, Infantino en jet privé : le bulletin

La 23e édition de la Coupe du Monde de Football a débuté jeudi 11 juin au Mexique, au Canada et aux États-Unis de Donald Trump, sur fond de politique répressive et de tensions avec l’Iran. Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et surtout le pire) de cet événement planétaire.

Ouf ! La France tient son rang

On a serré les fesses toute la première mi-temps, mais la France a fini par tenir son rang en battant 3-1 le Sénégal. Une victoire aussitôt récupérée, euh, célébrée par la classe politique française, à commencer par Emmanuel Macron dans son compte rendu face caméra du G7. Sur le terrain, Kylian Mbappé a ouvert le score, puis mis un splendide troisième but pour mettre la famille tricolore définitivement à l’abri. On a beau le critiquer (oui, oui, on vous a entendu), l’attaquant du Real Madrid est bien parti pour nous faire un Mondial de folie !

Pas en reste, Lionel Messi a une nouvelle fois prouvé dans la nuit qu’il était bel et bien un génie du football. Avec son triplé planté contre l’Algérie, l’Argentin a rejoint l’Allemand Miroslav Klose en tête du classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la Coupe du Monde avec 16 buts. « Ce n’est qu’une statistique et rien de plus », a-t-il sobrement commenté. La classe.

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Et pendant ce temps, l’Équipe de France

Pour ceux qui ne suivent pas, l’Équipe de France a débuté la Coupe du Monde mardi contre le Sénégal. Une magnifique victoire 3-1 qui a tardé à se concrétiser mais qui fait bien plaisir – ainsi qu’aux près de 14 millions de téléspectateurs sur M6. Ce match a eu des airs de revanche pour Kylian Mbappé. Car il était loin de faire l’unanimité : en deçà sportivement durant la préparation, une attitude parfois jugée hautaine (« Je suis déjà assez détesté comme ça », a-t-il déclaré au « Parisien » pour justifier qu’être président n’est pas dans « [s]es projets », même si « pas mal de gens » lui en parlent), critiqué pour s’être opposé au Rassemblement national dans une interview à « Vanity Fair »…

Auteur d’un doublé, l’attaquant de 27 ans a finalement répondu présent sur l’horrible pelouse du MetLife Stadium – dire que c’est dans ce stade qu’aura lieu la finale… Si on fait un point statistique, Kylian Mbappé a marqué ses 57e et 58e buts en Bleu, battant ainsi le record de bus inscrits en équipe de France détenu par Olivier Giroud. « Bravo Kyks », a salué sur Instagram le mythique buteur passé par Chelsea (on ne se lasse pas de citer cet incroyable club). Avec 14 buts en trois Coupes du Monde, « Kiki » est également devenu le meilleur buteur français dans cette compétition, devançant Just Fontaine (13 buts en un Mondial !). Encore deux buts et il sera au niveau de Lionel Messi au classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la Coupe du Monde.

La petite phrase qui fâche

« C’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. » Non, ce n’est pas l’ancien député RN Grégoire de Fournas, qui avait lancé « qu’il retourne en Afrique » au député LFI Carlos Martens Bilongo, mais le président de l’Assemblée nationale sénégalaise. Interrogé par France 24 et RFI, Ousmane Sonko – en rupture de ban avec le président Bassirou Diomaye Faye – déclarait donner sa « lecture politique » du match contre la France. Cette phrase qui fait référence à l’origine africaine de plusieurs joueurs de l’équipe tricolore a immédiatement été reprise par l’extrême droite et ses relais médiatiques (l’empire Bolloré, tout ça, tout ça). « C’est du racisme autorisé », a fustigé le député RN Julien Odoul sur CNews, mettant un tacle au passage au journal « L’Équipe » qui est, selon lui, d’extrême gauche.

Le commentateur argentin de la chaîne DirecTV, Pablo Giralt, est aussi allé de sa remarque raciste, déclarant que le match entre la France et le Sénégal est « une confrontation entre deux pays africains ». Déjà visée par des attaques racistes, on repense douloureusement au chant des Argentins en 2024, l’Équipe de France ne sera pas épargnée cette année encore.

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Carton rouge pour le Canada

Quand le Canada dit non, c’est non. La justice du pays coorganisateur du Mondial a confirmé le refus d’entrée sur son territoire du joueur ghanéen Thomas Partey, a rapporté la CBC, la télévision publique canadienne. La raison ? Le milieu de terrain – qui a plaidé non coupable – est accusé de viols et d’agression sexuelle par quatre femmes. Passé par le club londonien d’Arsenal entre 2020 et 2025, il sera jugé au Royaume-Uni en 2027. L’équipe du Ghana devra donc se passer de lui lors de son premier match, ce mercredi soir à Toronto, contre celle du Panama. Le second match aura lieu aux États-Unis où les règles d’immigration varient : Donald Trump sera-t-il aussi strict qu’il ne l’est injustement avec les supporters de plusieurs pays africains ?

Pause fraîcheur : Infantino en jet privé

Ah Gianni Infantino… Serviteur gênant de son altesse Trump et de tout un tas de régimes autoritaires avant lui, le président de la Fifa estime que l’instance internationale « n’est pas la police du monde ». Sans surprise, elle n’est pas non plus un modèle d’écologie : le Suisse utilise un jet privé pour assister à deux matchs du Mondial par jour, révèle le « New York Times ». Des voyages normalement réservés aux chefs d’État et aux dignitaires internationaux, pris en charge par les comités hôtes. Le journal américain rappelle ironiquement que la Fifa indique dans sa stratégie qu’elle souhaite « sensibiliser au changement climatique et promouvoir une consommation responsable auprès des parties prenantes concernées ». ON SE MARRE.