Le RC Lens a créé l'exploit jeudi soir en s'imposant sur la pelouse du Slavia Prague (2-3) lors de son entrée en lice en Ligue des champions. Pour la première fois depuis avril 2013 et un quart de finale retour entre Dortmund et Malaga (3-2), une équipe est parvenue à arracher une victoire dans cette compétition après avoir été menée au début du temps additionnel, comme l'a relevé Opta. Les deux héros de cette soirée se nomment Florian Thauvin, auteur du but de l'égalisation à la 90e+1, et Ruben Aguilar, qui a offert la victoire à la 90e+3.
Un scénario renversant après un coup dur
Les Lensois ont dû surmonter un immense coup derrière la tête avec le but tchèque de Danijel Sturm à la 88e minute (2-1). Malgré une domination statistique pour le vice-champion de France en titre (63 % de possession, 26 tirs à 18), les joueurs de Dino Toppmöller semblaient se diriger vers une troisième défaite consécutive, après celles contre Strasbourg et Lorient en Ligue 1. Mais c'était sans compter sur la détermination des Sang et Or.
Les réactions des héros du soir
« Le foot est le meilleur sport au monde pour vivre de telles émotions », glissait spontanément en zone d'interview le joker gagnant du soir Ruben Aguilar, auteur d'une interception et d'une frappe cruciale au bout du temps additionnel. « Il ne faut jamais rien lâcher. À 2-1, on ne s'est pas dit qu'on allait gagner mais on y a cru », reprend l'ancien latéral monégasque de 33 ans, ravi de placer cet épilogue de match dans son « top 3 des scénarios les plus fabuleux » en carrière.
Au micro de Canal +, Ruben Aguilar a tenté une explication quant à ce finish de folie : « Quand on porte ce logo, on se doit de s'investir à 100 %, même si, parfois, on peut passer à côté de certains matchs. On donne tout pour le peuple lensois et il n'y a que dans ce club qu'on peut vivre des émotions comme ça, parce que c'est exceptionnel. Je suis très fier ce soir. Ce scénario, on ne pouvait pas l'écrire. Je suis content du groupe, même de ceux qui n'ont pas joué. On est vraiment des potes, on s'éclate, on souffre ensemble et tout le club est récompensé. »
Un clin d'œil du destin
Clin d'œil du destin, les deux joueurs qui se sont côtoyés durant leur formation à Grenoble (de 2008 à 2011) ont offert aux Lensois cet instant unique, avec à la clé le trophée d'homme du match pour l'incontournable Florian Thauvin. « On a eu du mental ce soir, savourait l'international tricolore sur Canal+. On sortait d'une période difficile, et réagir comme on l'a fait aujourd'hui va nous faire du bien, c'est comme ça qu'on crée ce supplément d'âme pour une saison. C'est le reflet de toute l'équipe, on s'est battus comme des lions, on n'a rien lâché. » Avant de faire preuve de dérision : « On aura tout vu dans le football, si je commence à marquer de la tête… Plus qu'un but, c'est un état d'esprit. Quand on se donne à fond jusqu'au bout, on marque du pied, de la tête, de la fesse, c'est le football ».
Un exploit historique loin de Bollaert
Le nouvel entraîneur des Sang et Or, Dino Toppmöller (ex-Eintracht Francfort), ne va pas se plaindre, encore que… « Je me sens bien plus âgé qu'hier, a-t-il d'abord blagué en conférence de presse. C'était un match de fou. On a montré un top caractère avec beaucoup de jeunes. Je n'ai jamais imaginé que c'était fini. Je suis très fier de l'équipe, on n'est pas ici, dans cette grande compétition, seulement pour participer ».
Ce succès est d'autant plus significatif qu'il s'agit du premier succès à l'extérieur de l'histoire du RC Lens en Ligue des champions, depuis le fameux exploit sur la pelouse d'Arsenal en novembre 1998 (0-1, but de Michaël Debève). Les supporters lensois attendent désormais avec impatience la première à domicile dans cette compétition, le 13 octobre contre le Sporting, pour découvrir l'ambiance que réservera Bollaert à ses joueurs.



