Julien Laporte : "La famille Nicollin a ramené un élan"
Julien Laporte : la famille Nicollin a ramené un élan

À deux jours de la reprise de la Ligue 2, le capitaine de Montpellier Julien Laporte affiche un optimisme mesuré. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il revient sur la frustration de la saison passée, la stabilité retrouvée grâce à la famille Nicollin et les défis d'un championnat qu'il juge particulièrement relevé.

Une saison sous le signe de la continuité

Après une saison dernière conclue sur un sentiment d'inachevé, le défenseur central de 32 ans veut tourner la page. "Il y avait de la frustration car il ne nous manquait pas grand-chose pour y arriver. On l'évacue, on bascule vers une autre saison et on reprend un peu de fraîcheur mentale", explique-t-il.

La décision de la famille Nicollin de rester à la tête du club a changé la donne. "En restant, la famille Nicollin a ramené un élan au club. L'année dernière il y avait un peu de ménage à faire, un équilibre à retrouver. Là, on est dans la continuité", souligne le capitaine. Il raconte l'annonce du président : "Il a fait référence au décès de monsieur Nicollin. Un jour symbolique pour lui et le club. Et dit que la famille Nicollin se devait de rester à la tête de Montpellier. Cela a été bref. On sent qu'il a retrouvé du plaisir et de l'envie."

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Des ambitions claires, mais mesurées

Julien Laporte ne cache pas ses ambitions : "Le jour où je n'ai plus cette envie, j'arrête de jouer. On a envie de remettre un jour Montpellier en Ligue 1." Mais il refuse de promettre la montée : "Les objectifs que l'on se fixe, on les gardera entre nous. Il faut rester les pieds sur terre, y aller crescendo, rester mesuré dans un championnat plein d'incertitude."

Pour progresser, il identifie des axes précis : "Valider les temps forts, être capable de punir les adversaires. Être costaud derrière comme l'an passé, gagner en maturité. Développer notre jeu et chercher à prendre des points partout." Il insiste sur l'avantage de la continuité : "On a un vécu d'un an ensemble, on sait ce que veut le coach, on a un temps d'avance énorme."

Les départs des cadres et la jeunesse de l'effectif

Le départ de joueurs expérimentés comme Savanier, Jullien ou Mendy a marqué l'intersaison. Laporte confie : "J'aurais souhaité que Téji et Chris restent, car j'étais proche d'eux. Ce sont les choix du club." Pour Alexandre Mendy, il nuance : "C'est différent. On en a discuté, j'en ai même discuté avec le coach. On est arrivé en même temps, le but était de construire quelque chose ensemble. Vu l'offre qu'il a eue, il y a des choix de carrière et de vie qui font que je suis content pour lui."

Cette jeunesse accroît ses responsabilités, mais il l'assume : "La première chose, déjà c'est d'être performant, parce que si tu ne l'es pas, personne ne t'écoutera. Montrer l'exemple tous les jours, avoir une mentalité de gagnant." Il observe une tendance de fond : "Les clubs veulent des jeunes joueurs à fort potentiel qu'ils peuvent revendre. Un joueur de plus de 28 ans, c'est un actif acheté à perte, en termes de rentabilité d'entreprise, malgré l'intérêt sportif."

Un regard critique sur le foot business

Spectateur de la Coupe du Monde, Laporte s'inquiète de la dérive commerciale : "Ce que je n'ai pas aimé, c'est le show à l'américaine. C'est la mi-temps de 30 minutes pendant la finale. Ni les pauses fraîcheur de trois minutes. On atteint vraiment la limite du foot business. Cela déborde un peu trop aux dépens de l'enjeu premier qui est le jeu." Il critique aussi les attitudes lors de certaines rencontres : "Cela nuit complètement au football. Certes, il faut être dur dans ces matchs-là mais il y a des limites à ne pas franchir."

Malgré tout, il retient des motifs de satisfaction, notamment le jeu de l'Espagne : "Elle a montré qu'on peut mettre toutes les qualités athlétiques qu'on veut, le projet collectif reste supérieur. Les Espagnols ont démoli la puissance de la France par leurs mouvements et leur capacité à garder le ballon." Il apprécie aussi les nouvelles règles contre les pertes de temps : "On l'a expérimenté devant Rodez. Le foot peut bien évoluer, mais il faut faire attention au foot business. On est à la limite de la limite."

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Un avenir à Montpellier ?

Interrogé sur son avenir, Laporte se montre serein : "À 32 ans, j'aborde les saisons qui restent avec beaucoup de fraîcheur mentale. Le cerveau dicte le reste. Le but, c'est de continuer le plus longtemps possible. Et si je peux jouer longtemps ici, où cela se passe bien, j'y jouerai longtemps."

Il conclut sur une note positive concernant le club : "Les deux frères Nicollin, les deux présidents, donnent une dynamique. Le club va dans le bon sens, cela plaît aux gens. À nous de fédérer autour de nous, de donner du plaisir à La Mosson."