L'ancien sélectionneur de l'équipe de France de football, Raymond Domenech, a exprimé sa colère sur le réseau social X, jeudi, au lendemain de la diffusion du documentaire « Le Bus » sur Netflix. Il se dit « meurtri et trahi » par ce film qui revient sur le psychodrame vécu par l'équipe de France lors de la Coupe du monde 2010, en Afrique du Sud.
Un réquisitoire violent selon Domenech
« Seize ans après, cela devait être le documentaire de l'explication, de la réflexion et de l'analyse posée. Ce fut un réquisitoire extrêmement violent contre ma personne. Un film totalement à charge et d'une partialité nauséabonde », a écrit Raymond Domenech sur X. Il accuse les producteurs et les auteurs du film d'avoir manqué à leur parole : « Nous avions décidé que je disposerais d'un droit de regard sur tout. Cela m'a été refusé in fine avec la plus grande malhonnêteté. »
Domenech, qui était sélectionneur lors de la « grève » des joueurs consécutive à l'exclusion de Nicolas Anelka, dénonce un « film sensationnaliste qui n'a d'autre vocation que celle de remuer la merde pour faire de l'audimat et jeter le discrédit sur un homme ». Il fustige également « la vulgarité et le sensationnalisme » du documentaire ainsi que « son absence de déontologie ».
Le journal intime de Domenech utilisé sans contexte
L'ancien entraîneur reproche aux auteurs d'avoir utilisé des extraits de son journal intime de l'époque sans les remettre en contexte. « Ces notes n'auraient jamais dû être publiées telles quelles », affirme-t-il. Dans ce journal, Domenech confiait son désarroi avec des phrases comme « Envie de disparaître loin de tout » ou « j'ai parfois des montées de haine envers ces abrutis », écrites après la défaite contre le Mexique (0-2).
La réponse de Netflix
Contacté par l'AFP, Netflix a répondu que le documentaire n'était ni un réquisitoire ni une tribune, mais qu'il avait été réalisé dans une logique de confrontation de récits. Le film « Le Bus : Les Bleus en grève » donne la parole à Raymond Domenech ainsi qu'à trois joueurs : le capitaine Patrice Evra, William Gallas et Bacary Sagna. Il fait revivre l'atmosphère irrespirable qui régnait au sein du groupe en Afrique du Sud, lorsque les joueurs ont boycotté leur entraînement à Knysna devant les caméras du monde entier.
Selon la production, Raymond Domenech avait donné accès à son journal intime, qui avait déjà inspiré un premier livre intitulé « Tout seul » il y a plusieurs années. Un document personnel « où il balançait toutes ses émotions, toutes ses frustrations », selon le producteur Yoan Zerbit. Le débat reste vif entre la version de l'ancien sélectionneur et celle du documentaire.



