À moins d'un an du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, une polémique enfle autour de la qualité des pelouses des stades américains. Alors que la compétition se profile, les joueurs et les entraîneurs s'inquiètent des différences de revêtement entre les enceintes, qui pourraient affecter le jeu et augmenter les risques de blessures.
Un mélange de surfaces qui divise
Sur les onze stades américains retenus pour le Mondial, six disposent de gazons naturels, tandis que cinq autres utilisent des surfaces synthétiques ou hybrides. Cette disparité est au cœur des critiques, notamment de la part des stars du football international. Le Brésilien Neymar a récemment déclaré : « Jouer sur des terrains différents, c'est compliqué. On s'habitue à un type de gazon, et d'un match à l'autre, tout change. »
Les syndicats de joueurs, comme la FIFPro, ont également exprimé leurs réserves. Dans un communiqué, ils rappellent que « la qualité du terrain est un facteur clé pour la performance et la sécurité des athlètes. Des surfaces inégales peuvent entraîner des traumatismes musculaires et articulaires. »
Les stades concernés
Parmi les enceintes qui posent problème, le MetLife Stadium du New Jersey, qui accueillera la finale, est équipé d'un gazon artificiel. De même, le Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta et le SoFi Stadium de Los Angeles utilisent des surfaces synthétiques. En revanche, des stades comme le Levi's Stadium de Santa Clara ou le NRG Stadium de Houston misent sur le gazon naturel.
La FIFA, interrogée sur le sujet, assure que « tous les stades respectent les normes de qualité exigées pour la compétition ». L'instance précise que des tests sont effectués régulièrement et que des mesures seront prises si nécessaire. Cependant, certains experts estiment que le gazon synthétique, même de dernière génération, n'offre pas les mêmes propriétés d'amorti et de rebond que l'herbe naturelle.
Un précédent qui inquiète
La Coupe du monde 2026 n'est pas la première à être confrontée à ce problème. Lors du Mondial 1994, déjà aux États-Unis, plusieurs matchs s'étaient déroulés sur des terrains en gazon artificiel, suscitant des critiques similaires. Mais à l'époque, le football était moins exigeant physiquement.
Aujourd'hui, avec des joueurs plus athlétiques et un jeu plus rapide, la question de la surface de jeu est devenue cruciale. Des études scientifiques ont montré que le taux de blessures est plus élevé sur les terrains synthétiques, notamment pour les ligaments croisés et les chevilles.
Les solutions envisagées
Pour tenter de calmer les esprits, la FIFA pourrait imposer l'installation de gazons naturels temporaires dans les stades à surface synthétique. Cette solution a déjà été utilisée lors de la Coupe du monde féminine 2019 en France, où des pelouses avaient été transplantées dans certains stades. Toutefois, cette opération est coûteuse et complexe, car elle nécessite une logistique lourde et un entretien minutieux.
Les organisateurs américains, de leur côté, mettent en avant les progrès technologiques dans le domaine des surfaces synthétiques. « Les gazons artificiels modernes sont conçus pour imiter au mieux le naturel, avec des fibres plus longues et un remplissage en caoutchouc qui réduit les chocs », explique un porte-parole du comité d'organisation.
En attendant, les joueurs devront s'adapter. Certains, comme l'attaquant français Kylian Mbappé, préfèrent éviter de se prononcer : « On joue où on nous dit de jouer. Mais c'est vrai que c'est plus agréable sur de l'herbe. » La polémique risque de durer jusqu'au coup d'envoi du tournoi, prévu le 11 juin 2026.



