Le parquet de Lorient a confirmé l'ouverture d'une enquête après la prise à partie du fondateur du média identitaire Frontières, survenue jeudi 6 août au soir dans le Morbihan. Les faits se sont déroulés dans la commune de Guidel, où l'homme, âgé d'une trentaine d'années, a été violemment pris à partie par plusieurs individus.
Des circonstances encore floues
Selon les premiers éléments, la victime aurait été reconnue par ses agresseurs alors qu'elle se trouvait en voiture. Ces derniers l'auraient ensuite suivie jusqu'à son domicile avant de l'attendre à l'extérieur. À leur arrivée, ils auraient brisé une vitre du véhicule et porté des coups au conducteur. L'agression a pris fin grâce à l'intervention de voisins, alertés par le bruit.
Le fondateur de Frontières, média en ligne classé à l'extrême droite et connu pour ses positions anti-migrants, a été transporté à l'hôpital de Lorient pour des examens. Ses jours ne sont pas en danger, mais il présente des contusions au visage et aux bras.
Une enquête pour violences en réunion
Le parquet de Lorient a indiqué avoir ouvert une enquête pour "violences en réunion avec préméditation". Les investigations ont été confiées à la brigade de gendarmerie de Guidel. Pour l'heure, aucun suspect n'a été interpellé. Les enquêteurs cherchent à identifier les auteurs grâce aux témoignages et à la vidéosurveillance du quartier.
Interrogé par l'AFP, le parquet a précisé que la victime avait déposé plainte. De son côté, le média Frontières a publié un communiqué dénonçant "une agression politique" et appelant à une manifestation de soutien samedi après-midi à Guidel.
Un contexte politique tendu
Cette agression intervient dans un climat politique déjà très chargé. Le média Frontières, fondé en 2019, est régulièrement critiqué pour ses prises de position radicales sur l'immigration et l'identité nationale. Il a notamment été condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine.
De nombreux élus locaux ont réagi, condamnant unanimement les violences. Le maire de Guidel, Jean-Pierre Le Roch, a exprimé son soutien à la victime et appelé au calme. La préfecture du Morbihan a également condamné "avec la plus grande fermeté" ces faits et assure que tout sera mis en œuvre pour identifier les auteurs.
Un précédent en 2023
Ce n'est pas la première fois que le fondateur de Frontières est victime de violences. En 2023, il avait déjà été agressé à Paris, dans des circonstances similaires. L'enquête n'avait jamais abouti, faute d'identification des suspects.
Cette nouvelle affaire relance le débat sur la sécurité des figures publiques et des journalistes, même ceux dont les opinions sont controversées. Le parquet de Lorient assure que l'enquête sera menée de manière impartiale et que la justice fera toute la lumière sur ces faits.



