Trenitalia commande 19 trains à Hitachi et vise Paris-Londres en 2029
Trenitalia : 19 trains Hitachi, Paris-Londres en 2029

Le groupe ferroviaire italien Trenitalia a annoncé ce jeudi 7 août 2026 une commande de 19 trains à grande vitesse auprès du constructeur japonais Hitachi, et a confirmé l'ouverture de la liaison Paris-Londres pour 2029. Cette décision marque une étape décisive dans la libéralisation du rail européen et intensifie la concurrence face à Eurostar et à la SNCF.

Une commande stratégique de 19 trains

Selon un communiqué conjoint de Trenitalia et Hitachi, la commande porte sur 19 trains de la gamme ETR1000, conçus pour circuler à 360 km/h. Ces rames seront fabriquées dans les usines de Pistoia et Naples, en Italie. Le contrat, dont le montant n'a pas été divulgué, prévoit une livraison échelonnée à partir de 2028, en prévision du lancement des services transfrontaliers.

Cette commande s'inscrit dans le plan d'expansion de Trenitalia, qui vise à concurrencer directement les opérateurs historiques sur les axes majeurs européens. L'entreprise italienne, filiale du groupe FS, exploite déjà des liaisons vers la France, l'Espagne et l'Allemagne, mais l'ouverture de la ligne Paris-Londres représente un défi inédit.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Paris-Londres : une ouverture confirmée pour 2029

Dans son annonce, Trenitalia a réaffirmé son intention de lancer une liaison quotidienne entre Paris et Londres à l'horizon 2029. Cette ligne, qui empruntera le tunnel sous la Manche, sera la première à concurrencer directement Eurostar, qui détient actuellement un monopole de fait sur cette route. Le trajet, d'environ 2 heures 15, sera proposé à des tarifs compétitifs, avec une promesse de fréquence élevée.

Selon des sources proches du dossier, Trenitalia prévoit d'exploiter jusqu'à six allers-retours quotidiens, avec des arrêts possibles à Lille et à Calais. Cette offre pourrait capter une part significative du trafic, estimé à plus de 10 millions de passagers par an avant la pandémie, et qui a retrouvé des niveaux records en 2025.

Un marché en pleine mutation

L'arrivée de Trenitalia sur la ligne Paris-Londres s'ajoute à d'autres initiatives de libéralisation. En 2025, la compagnie espagnole Renfe a lancé ses propres trains entre Paris et Barcelone, tandis que l'italien avait déjà ouvert des liaisons Paris-Lyon et Paris-Milan. Selon les analystes, le marché ferroviaire européen de la grande vitesse devrait croître de 8 % par an d'ici 2030, porté par la demande de mobilité durable.

Cette concurrence accrue devrait bénéficier aux consommateurs. Une étude de l'Agence de l'Union européenne pour les chemins de fer (ERA) indique que sur les lignes où plusieurs opérateurs coexistent, les prix ont baissé en moyenne de 15 % en cinq ans. Trenitalia compte sur cette dynamique pour s'imposer, avec une politique tarifaire agressive et des services renforcés à bord.

Hitachi, un partenaire technologique de poids

Hitachi Rail, déjà fournisseur des ETR1000 utilisés par Trenitalia sur le réseau italien, voit ce contrat comme une consécration. L'entreprise japonaise a investi massivement en Europe, avec des usines en Italie, au Royaume-Uni et au Kazakhstan. Le nouveau train, baptisé « Frecciarossa 1000 », sera équipé de la dernière génération de signalisation ERTMS, permettant une interopérabilité totale sur le réseau européen.

Selon Andrew Barr, président de Hitachi Rail Europe, « cette commande renforce notre position de leader sur le marché de la grande vitesse et démontre la confiance de Trenitalia dans notre technologie ». Il a ajouté que « ces trains offriront une expérience de voyage inégalée, avec des émissions de CO2 réduites de 30 % par rapport aux modèles précédents ».

Un impact sur l'emploi et l'industrie

La commande aura des retombées économiques significatives. Les usines italiennes de Hitachi emploient déjà 2 500 personnes, et ce contrat devrait créer environ 300 emplois supplémentaires, selon les syndicats. Le gouvernement italien a salué cette annonce, y voyant un signe de la vitalité de l'industrie ferroviaire nationale.

Pour Trenitalia, cette expansion s'accompagne d'un renforcement de sa flotte, qui comptera plus de 100 trains à grande vitesse d'ici 2030. La compagnie prévoit également d'étendre ses services vers d'autres capitales européennes, comme Bruxelles, Amsterdam et Francfort, à moyen terme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Vers une guerre des prix sur la ligne historique ?

L'ouverture de la liaison Paris-Londres en 2029 promet d'être un tournant. Eurostar, qui a transporté 18,5 millions de passagers en 2025, devra revoir sa stratégie. Selon des experts, la concurrence pourrait faire baisser les prix de 20 à 30 % sur cette ligne, qui reste l'une des plus rentables d'Europe. Trenitalia mise sur des billets à partir de 39 euros en seconde classe, contre un prix moyen actuel de 100 euros.

Les voyageurs pourront également profiter de nouvelles options de correspondance, notamment vers le sud de la France et l'Italie. Trenitalia prévoit de connecter Londres à ses réseaux existants, offrant des trajets directs vers Milan, Rome et Naples via Paris.

Un défi pour la SNCF et Eurostar

La SNCF, actionnaire majoritaire d'Eurostar, a réagi prudemment. Dans un communiqué, l'entreprise a déclaré « accueillir favorablement la concurrence, qui stimule l'innovation et la qualité de service », tout en rappelant son expérience de 30 ans sur le tunnel sous la Manche. Eurostar prévoit de son côté de moderniser sa flotte avec de nouveaux trains Avelia, commandés en 2024.

Cette concurrence s'annonce bénéfique pour l'environnement, en offrant une alternative crédible à l'avion sur un axe où le trafic aérien représente encore 50 % des voyages entre Paris et Londres. Selon une étude de la Commission européenne, le transfert modal vers le rail pourrait réduire les émissions de CO2 de 1,5 million de tonnes par an.

Conclusion

Avec cette commande et la confirmation de la ligne Paris-Londres, Trenitalia s'affirme comme un acteur majeur de la grande vitesse européenne. Les passagers pourront bientôt choisir parmi plusieurs opérateurs, à des prix compétitifs, tout en bénéficiant d'un service de qualité. L'avenir dira si cette concurrence tiendra ses promesses, mais une chose est sûre : le paysage ferroviaire européen est en train de changer en profondeur.