Maroc : un prêtre de Casablanca accusé de violences sexuelles
Maroc : un prêtre de Casablanca accusé de violences sexuelles

Un prêtre de Casablanca, au Maroc, fait l'objet d'une accusation de violences sexuelles, a-t-on appris auprès de l'archidiocèse de Rabat. Cette affaire survient quelques mois après celle impliquant l'archevêque de Rabat, Mgr Cristóbal López Romero, qui avait été lui-même visé par des allégations. L'Église locale a annoncé l'ouverture d'une enquête interne.

Une accusation qui secoue la communauté chrétienne

Selon des sources ecclésiastiques, le prêtre concerné, dont l'identité n'a pas été révélée, aurait commis des actes répréhensibles sur une personne majeure. L'archidiocèse a précisé dans un communiqué que le prêtre a été suspendu de ses fonctions le temps de l'enquête. Cette décision vise à "préserver la dignité des personnes et la clarté des faits", a indiqué le père Jean-Pierre, porte-parole de l'archidiocèse.

La communauté chrétienne du Maroc, minoritaire dans un pays à majorité musulmane, est sous le choc. Les fidèles de la paroisse de Casablanca, où officiait le prêtre, ont exprimé leur tristesse et leur colère. "C'est une épreuve très dure pour nous, mais nous faisons confiance à la justice", a déclaré une paroissienne, sous couvert d'anonymat.

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Un précédent récent avec l'archevêque de Rabat

Cette affaire rappelle celle qui a éclaté en mars dernier, lorsque l'archevêque de Rabat, Mgr Cristóbal López Romero, avait été accusé de violences sexuelles par une femme. Le Vatican avait alors diligenté une enquête, et l'archevêque avait été temporairement relevé de ses fonctions. Il a depuis été rétabli, les accusations ayant été jugées non fondées par les autorités ecclésiastiques.

Ces deux affaires successives interrogent sur la gestion des abus au sein de l'Église au Maroc. L'archidiocèse de Rabat affirme avoir mis en place des procédures pour recueillir les plaintes et assurer un traitement transparent. "Nous avons une commission dédiée qui examine chaque signalement avec la plus grande attention", a assuré le père Jean-Pierre.

L'enquête en cours

L'enquête canonique a été confiée à un juge délégué par l'archidiocèse. Elle devra déterminer si les faits sont avérés et, le cas échéant, prononcer des sanctions pouvant aller jusqu'à la réduction à l'état laïc. Parallèlement, la justice marocaine a été saisie, mais aucune information officielle n'a filtré sur d'éventuelles poursuites pénales.

L'avocat de la partie plaignante, Me Karim Benjelloun, a indiqué que son client avait déposé une plainte auprès du procureur du roi à Casablanca. "Nous attendons que la lumière soit faite sur ces faits graves", a-t-il déclaré, ajoutant que son client était "déterminé à aller au bout".

Réactions et impact

Cette affaire a des répercussions au-delà de la communauté chrétienne. Elle relance le débat sur la protection des personnes vulnérables au sein des institutions religieuses au Maroc. Des associations de défense des droits de l'homme ont appelé à ce que la justice suive son cours sans entrave. "Les violences sexuelles ne doivent pas être étouffées, quel que soit le statut de l'agresseur", a souligné Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l'homme (CNDH).

Le Vatican, de son côté, suit l'affaire avec attention. Le nonce apostolique à Rabat a été informé et a exprimé sa proximité avec les victimes. L'Église marocaine, qui compte environ 3 000 fidèles, est confrontée à un défi de taille : restaurer la confiance et assurer une transparence totale.

En attendant, les fidèles de Casablanca se sont rassemblés pour prier, espérant que la vérité éclatera. "Nous prions pour que notre communauté reste unie et que justice soit rendue", a confié une autre paroissienne. L'enquête devrait se poursuivre dans les prochaines semaines.

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