La Captibulle, un casque conçu pour réduire le champ visuel et les stimuli sonores afin de favoriser la concentration, va faire l'objet d'une étude scientifique menée avec des chercheurs du CNRS. L'invention de Sophie Lebon, professeure des écoles à Ollioules, a déjà séduit environ 15 000 acheteurs et a été récompensée d'une médaille d'argent au concours Lépine en mai 2024.
Une idée née d'une recommandation de psychologue
En janvier 2023, un père dont l'enfant souffrait de troubles de l'attention a remis à Sophie Lebon un document de son psychologue intitulé « Recommandations aux enseignants ». Ce document préconisait la technique du « tunnel de l'attention » : placer ses coudes sur la table, mettre ses mains sur son front de chaque côté du visage, afin de se cacher la vue des deux côtés pour « forcer » sa concentration. Une méthode efficace mais qui ne laisse pas les mains libres.
C'est de ce constat qu'est née l'idée de la Captibulle. « J'ai inventé un casque pour recréer ce tunnel de l'attention, en réduisant le champ visuel et les stimuli sonores (grâce à des coussinets réglables au niveau des oreilles), et ainsi favoriser les apprentissages, en classe comme à la maison », explique la professeure, qui enseigne de la petite section de maternelle au CM2 à Ollioules depuis plus de 20 ans.
Une médaille d'argent au concours Lépine et des retours positifs
L'objet, breveté et testé en laboratoire, a été expérimenté dans divers établissements en France et à l'étranger, avec des retours « extrêmement positifs ». En mai 2024, la Captibulle a été présentée à la Foire de Paris dans le cadre du concours Lépine, où elle a remporté une médaille d'argent. Lors du salon Global Industrie à Paris, Sophie Lebon a également rencontré le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, « qui s'est montré très intéressé ».
« C'est extraordinaire », savoure Sophie Lebon, qui confie avoir déjà vendu « environ 15 000 exemplaires » sans publicité, « principalement grâce à la presse qui en a parlé, puis avec les partages sur les réseaux sociaux, et le bouche à oreille de personnes qui recommandent la Captibulle, d'après leur propre expérience ».
Une étude scientifique pour valider l'impact
La Captibulle vient d'être lauréate du CréativLab Ampiric - Aix-Marseille Université, un pôle de recherche sur les outils pédagogiques. Elle va donc faire l'objet d'une étude scientifique menée avec des chercheurs du CNRS, afin d'évaluer son impact sur la concentration et les performances scolaires. Les conclusions devraient être livrées dans deux ans, avec des parutions dans des revues scientifiques à la clé.
« J'espère que cette étude scientifique viendra attester de son utilité. Mais, vu les retours que j'ai, je suis relativement confiante », déclare l'inventrice.
Des utilisateurs variés, des examens aux open spaces
Initialement prévue pour les 4-11 ans, la Captibulle séduit désormais aussi les étudiants et les adultes. Sophie Lebon rapporte le cas d'un étudiant en 4e année de médecine qui l'utilisait pour ses révisions : « Il s'est rapproché du médecin de son université, pour que ce soit aussi accepté pendant les examens. Ça a été autorisé pour les examens de semestre, mais il voudrait également que ça le soit pour le concours de médecine… Si ça peut aider à ce point tous ceux qui en ont besoin, je serais ravie. »
La Captibulle fait aussi des émules dans les open spaces, où il n'est pas toujours évident de rester concentré. Un grand groupe français devrait d'ailleurs prochainement l'expérimenter, selon son inventrice.