Aurélie Bories, Millavoise, au sommet de la pétanque française
Aurélie Bories, Millavoise, au sommet de la pétanque

À 29 ans, Aurélie Bories est devenue l'une des meilleures joueuses françaises de pétanque, avec un palmarès impressionnant : quatorze titres de championne d'Aveyron, quatre titres régionaux, un titre de championne de France de tir de précision en 2023 et deux sacres européens en doublette et en individuel en 2024. La Millavoise, licenciée au club de Creissels puis à Saint-Jean-d'Alcas, a été sélectionnée en équipe de France dès l'âge de 15 ans et défend régulièrement les couleurs tricolores dans les plus grandes compétitions internationales.

Une passion familiale depuis l'enfance

Aurélie Bories a commencé la pétanque à six ans, poussée par une tradition familiale transmise par son grand-père, son père et son frère. Cette passion ne l'a jamais quittée, la menant jusqu'au plus haut niveau international. Sa première sélection en équipe de France à 15 ans a marqué le début d'une carrière riche en succès. Elle a notamment remporté les championnats d'Europe en doublette et en individuel en 2024, confirmant son statut de joueuse majeure.

Une place à défendre en équipe de France

L'an dernier, Aurélie Bories a participé à ses premiers championnats du monde en triplette, organisés en France. L'aventure s'est arrêtée en quarts de finale, une déception qui lui a permis de prendre conscience du niveau des nations dominantes. "Des équipes comme le Cambodge ou la Thaïlande pratiquent la pétanque à l'école et s'entraînent près de huit heures par jour. En France, c'est surtout le week-end. Sur le long terme, c'est difficile de rivaliser", explique-t-elle.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Malgré ces défis, porter le maillot bleu reste une immense fierté pour la Millavoise. "Représenter son pays, c'est une sorte de graal. Je mesure la chance que j'ai. On affronte les meilleures nations et les places sont très limitées", indique-t-elle. Elle garde aussi un souvenir particulier des championnats de France en individuel disputés à domicile, au Parc de la Victoire en 2025, où elle n'a pas passé les phases de poule. "J'étais très attendue. Je suis arrivée avec un peu de retard et je n'avais pas tous mes repères. En individuel, on est seule face à soi-même. Avec le recul, je gérerais les choses différemment", raconte-t-elle.

Des performances récentes et des objectifs à venir

En juin, lors des championnats d'Europe, Aurélie Bories est revenue avec une médaille d'argent en individuel et une médaille de bronze en doublette. "Ce n'était pas la couleur que j'espérais, mais c'était déjà une belle performance. Il y a les championnats d'Europe en triplette en septembre, mais je ne pense pas y être", confie-t-elle. La joueuse reste néanmoins ambitieuse et déterminée à défendre sa place au sein de l'équipe de France.

Une discipline encore loin de la professionnalisation féminine

Malgré son statut de numéro une française, Aurélie Bories ne vit pas de la pétanque. Depuis la fin de ses études, elle travaille dans l'entreprise de nettoyage de ses parents. "Aujourd'hui, seuls les hommes peuvent réellement vivre de ce sport. Ils disputent davantage de compétitions, les dotations sont plus importantes et ils bénéficient d'une plus grande médiatisation. Les femmes commencent à être davantage mises en avant, mais nous sommes encore loin d'être au même niveau", regrette-t-elle.

La joueuse observe néanmoins une évolution encourageante. Les compétitions exclusivement féminines se développent, à l'image du concours de Sévérac-d'Aveyron le 14 juillet ou de l'International de Palavas début août, dont les inscriptions affichent rapidement complet. Cette dynamique laisse espérer une meilleure reconnaissance pour les joueuses à l'avenir.

Entre passion, famille et sacrifices

Maman de deux enfants, Aurélie Bories reconnaît que l'équilibre entre vie familiale, travail et sport de haut niveau est parfois difficile à trouver. "Je les ai une semaine sur deux. Entre les compétitions, les entraînements après le travail et les enfants, j'arrive à m'organiser, mais sur le long terme, cela pèse", évoque-t-elle. Pour autant, la Millavoise n'envisage pas de tourner la page.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

"Tant que je peux continuer à vivre cette passion, je le ferai. Le haut niveau demande énormément de sacrifices, mais je ne me vois pas arrêter aujourd'hui", assure Aurélie Bories. Très attachée au Mondial de pétanque de Millau, dont son grand-père fut co-président, elle espère qu'un événement d'une telle envergure renaîtra un jour : "Le Parc de la Victoire est un endroit exceptionnel pour la pétanque. Si quelqu'un relance un projet dans quelques années, j'aimerais beaucoup en faire partie."