Réveillé du coma, un malade refuse l'arrêt des soins, l'hôpital persiste
Réveillé du coma, un malade refuse l'arrêt des soins

Le 2 juin 2026, alors que Rémi, 60 ans, était dans le coma à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, l'équipe de réanimation a pris la décision de limiter les traitements en cas de nouvelle aggravation de son état. Atteint d'une cirrhose sévère, d'encéphalopathies hépatiques à répétition et de lourdes séquelles neurologiques après plusieurs AVC, il ne bénéficiera pas d'une nouvelle réanimation, malgré son réveil et sa volonté clairement exprimée de continuer à être soigné.

Une décision contestée par les proches

Les proches de Rémi contestent cette décision. Ils rappellent que le patient avait exprimé, dans ses directives anticipées et auprès de sa famille, la volonté de recevoir tous les soins nécessaires à sa survie. Après le rejet de leur demande par le tribunal administratif, ils ont saisi en urgence le Conseil d'État. Mais entre-temps, Rémi s'est réveillé. « Les médecins ont pris leur décision alors qu'il était dans le coma. Mais il s'est réveillé ! Il est conscient et a communiqué sur sa volonté d'être soigné », affirme son avocat, Me Pintanel, auprès du Parisien. « C'est la première fois que je vois ça. C'est vertigineux », ajoute-t-il.

La position de l'hôpital : des soins disproportionnés

Depuis 2025, Rémi a connu de nombreuses hospitalisations, plusieurs passages en réanimation et des intubations répétées. Son état s'est fortement dégradé et il supporte difficilement les soins invasifs. Pour l'hôpital, « aucune perspective curative n'existe ». Une greffe du foie, seule solution susceptible de le guérir, a été écartée après plusieurs avis médicaux. Les médecins estiment qu'une nouvelle réanimation serait « inutile, disproportionnée et source de souffrances supplémentaires ».

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Le Conseil d'État rejette le recours familial

Le Conseil d'État a rejeté le recours de la famille. Il rappelle qu'une telle décision concernant un patient « hors d'état d'exprimer sa volonté » doit résulter d'une procédure collégiale et prendre en compte ses directives anticipées. Cependant, celles-ci peuvent être écartées lorsqu'elles ne correspondent plus à la situation médicale. Les traitements ne doivent pas non plus relever « d'une obstination déraisonnable », être « disproportionnés » ou n'avoir pour seul effet que « le maintien artificiel de la vie ».

L'affaire soulève des questions éthiques majeures sur la fin de vie et l'opposition entre la volonté du patient et l'avis médical. Rémi, dont le prénom a été modifié, reste hospitalisé, ses proches continuant de se battre pour que sa voix soit entendue.

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