Ronronnement du chat : un signe de bien-être ? Pas si simple
Ronronnement du chat : un signe de bien-être ? Pas si simple

Le ronronnement du chat est souvent associé au plaisir, mais il peut aussi traduire la faim, le stress ou la douleur. Les vétérinaires recommandent de ne pas s'y fier seul pour évaluer l'état de santé de l'animal.

Le ronronnement : un son aux multiples significations

Nous associons le ronronnement au plaisir : un chat sur les genoux, des caresses, les yeux mi-clos. Pourtant, ce son apparaît aussi dans des situations moins confortables. Le contexte change complètement son interprétation. Le ronronnement est observé chez des chats détendus, mais aussi lorsqu'ils ont faim, sont stressés ou souffrent. Il apparaît en outre très tôt dans la vie : les chatons ronronnent notamment au contact de leur mère. Le ronronnement n'est donc pas un thermomètre fiable du bien-être.

Face à la douleur, une possible stratégie d'apaisement

Pourquoi ronronner quand on souffre ? La réponse reste incomplète. L'hypothèse d'un mécanisme d'auto-apaisement est plausible : produire ce son dans une situation de douleur, de peur ou de vulnérabilité pourrait participer à la régulation de l'état émotionnel. Mais aucune expérience n'a démontré que le ronronnement constitue, à lui seul, un antidouleur physiologique.

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Il faut surtout se méfier d'une idée répandue : ses vibrations guériraient les os, les muscles ou les plaies. L'idée d'un ronronnement « réparateur » vient notamment d'une étude publiée en 2001. Après avoir enregistré 44 félins, la bioacousticienne Elizabeth von Muggenthaler a constaté que leurs ronronnements comportaient des fréquences comprises entre 25 et 150 Hz, dont certaines correspondaient à des fréquences étudiées pour favoriser la croissance osseuse ou la réparation de certains tissus. De là est née l'hypothèse que ces vibrations pourraient participer à la récupération physique des félins.

Des fréquences basses, mais pas de pouvoir thérapeutique prouvé

Le ronronnement se situe bien dans de très basses fréquences. Une expérience publiée en 2023 sur huit larynx de chats a obtenu des oscillations spontanées autour de 25 à 30 Hz, même sans contraction musculaire. Les auteurs ont identifié dans les plis vocaux des épaississements de tissu conjonctif favorisant ces basses fréquences. Ce résultat éclaire la production du son, mais ne démontre aucun pouvoir thérapeutique.

Le piège : confondre ronronnement et absence de douleur

En pratique, un chat qui ronronne peut donc avoir mal. Les recommandations vétérinaires sur la douleur féline insistent sur un ensemble de signes : posture voûtée, immobilité, yeux plissés, tête basse, baisse d'appétit, diminution du toilettage ou moindre intérêt pour l'environnement. La douleur peut aussi se lire sur le visage du chat. La Feline Grimace Scale, une méthode qui repose sur cinq indices : la position des oreilles, le resserrement des paupières, la tension du museau, la position des moustaches et celle de la tête. Plus ces expressions sont marquées, plus le score de douleur augmente.

Le ronronnement renseigne donc mal lorsqu'il est isolé. Chez un chat blessé, malade ou récemment opéré, il ne doit jamais faire oublier les autres changements de comportement. Cet article est réalisé par Le Monde des Animaux et hébergé par 20 Minutes.

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